La FNUJA, réunie en Congrès à Marseille, du 8 au 12 mai 2013,
Connaissance prise du rapport, de la mission dinformation « surpopulation carcérale » de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de ladministration générale de la république présidée par Monsieur le Député Dominique RAIMBOURG, et déposé le 23 janvier 2013 ;
RAPPELLE quau 1er mars 2013, la France comptait 66 995 détenus écroués pour 56 920 places opérationnelles, et que douze établissements ou quartiers avaient un taux doccupation supérieur à 200 % ;
RAPPELLE que la privation de liberté entraine de fait un état de vulnérabilité ;
DEPLORE, indépendamment de la question de la surpopulation carcérale, que les conditions de détention, en terme dhygiène, dactivités de réinsertion, daccès au droit et à la santé soient indignes dune société démocratique ;
SOULIGNE que le Comité des ministres du Conseil de lEurope a adopté en 2006 une règle n° 50 selon laquelle les détenus doivent être autorisés à discuter avec les autorités pénitentiaires des questions relatives à leurs conditions générales de détention et doivent être encouragés à communiquer avec les autorités pénitentiaires à ce sujet ;
EXIGE, en conséquence :
– la construction détablissements pénitentiaires dont la capacité nexcède pas 200 places opérationnelles, conformément aux recommandations de lobservatoire international des prisons
– le respect du principe de lencellulement individuel
– la salubrité et lhygiène des locaux
– le respect de lintimité
– linterdiction générale et absolue des fouilles intégrales
– ladaptation des moyens de formation et demploi au nombre de places opérationnelles
– le respect par ladministration pénitentiaire et ses délégués, du code du travail dans le cadre des emplois occupés par des détenus
– la mise en place dans chaque centre pénitentiaire dun point daccès au droit associant le Barreau
– le bénéfice automatique de laide juridictionnelle pour les détenus démunis permettant un accès effectif à un avocat
– une évaluation psychiatrique systématique, pour toute incarcération, avec certificat de compatibilité avec la détention versé au dossier du détenu, portant avis sur la nécessité de soins
– le développement détablissements pénitentiaires de traitement psychiatrique
– le développement des UCSA en adéquation avec le nombre de places opérationnelles
– la consécration du principe selon lequel lincarcération ne peut se dérouler de manière chronique en UHSI à défaut denvisager une exécution de peine alternative à la détention ;
SOUHAITE que la détention provisoire ou post-sentencielle soit principalement motivée par le critère de lutilité ;
RAPPELLE au gouvernement ses engagements dabroger les dispositions de la loi du 10 août 2007 mettant en place un dispositif de « peines plancher » et de « rétention de sûreté » ;
EXIGE des pouvoirs publics quils mettent enfin à disposition des acteurs du monde pénitentiaire des moyens financiers, humains et matériels effectifs, le droit positif permettant en létat de lutter contre la récidive.
