Vu la résolution de lAssemblée Générale du CNB du 23 mars 2013,
Vu les délibérations de plusieurs Barreaux Français décidant dexpérimenter des structures conventionnées en matière de garde à vue,
Vu la motion « non aux structures conventionnées » adoptée par la FNUJA, réunie en congrès à Marseille, du 8 au 12 mai 2013,
RAPPELLE que la condition essentielle à lexpérimentation des structures conventionnées posée par le CNB, était le doublement du budget de lAide Juridictionnelle, qui na pas été obtenu ;
SINSURGE que la profession se soit lancée dans les expérimentations alors même que la condition posée nétait pas remplie ni même actée par les pouvoirs publics ;
DEPLORE que les contraintes budgétaires priment sur lintérêt des justiciables, les libertés et droits fondamentaux ;
RAPPELLE que :
– Le justiciable doit être au centre des préoccupations dun accès égal à une justice de qualité ;
– Le libre choix de lavocat et son indépendance sont des principes essentiels, dont la garantie doit être scrupuleusement assurée de façon absolue sur tout le territoire national quelle que soit la situation de fortune du justiciable ;
REAFFIRME son opposition totale et absolue aux structures conventionnées en raison :
– De latteinte portée à lindépendance de lavocat qui est placé dans un lien de subordination avec son Ordre ;
– De lincompatibilité entre dune part lappartenance à une structure conventionnée et dautre part lexercice dune collaboration, le développement dune clientèle libérale ou encore lapprentissage de lexercice professionnel, cette incompatibilité étant nécessairement néfaste aux jeunes avocats ;
– De la sectorisation de la phase de garde à vue au détriment des autres phases de la procédure pénale ;
– En conséquence, de limpossibilité dassurer une défense pénale complète et de qualité pour des avocats cantonnés à la seule phase de garde à vue ;
– Du risque de rupture dégalité entre les justiciables qui ne seraient pas éligibles à laide juridictionnelle dans les structures mixtes, ces derniers étant susceptibles de devoir rembourser la rétribution versée si lavocat nest pas conventionné ;
– Du caractère illusoire des économies qui seraient prétendument réalisées par les Ordres ;
– Des obstacles législatifs et réglementaires non surmontés à ce jour, en termes notamment de dotation et subventionnement des Ordres ;
– Des incertitudes non levées quant à la nature du contrat qui liera lavocat conventionné avec son Ordre ;
EXIGE larrêt immédiat des expérimentations en cours et labandon définitif de ce projet.
