La FNUJA se devait de faire entendre clairement et rapidement sa voix car :
– trop peu de jeunes avocats profitent réellement des nouveaux outils de communication ;
– ceux qui les utilisent ne le font pas toujours à bon escient ;
– face à labsence relative des avocats sur internet et les réseaux, des non-juristes investissent la place laissée vacante, ces « braconniers du droits » se multipliant à une vitesse encore jamais vue ;
– dans le prolongement de labrogation de linterdiction du démarchage, le règlement intérieur national (RIN) va être réformé.
La commission nouvelles technologies a proposé un projet de livre blanc qui se décline en 38 propositions lesquelles ont été débattues et votées en assemblée générale lors du 71ème congrès national dAntibes Juan les pins.
Les grandes lignes de ces propositions peuvent être synthétisées comme suit.
Sur la communication électronique de lavocat, il est important que les avocats soient tous présents au moyen dun site web et/ou des réseaux sociaux. Mieux référencés et proposant des services innovants respectueux de leur déontologie, les avocats pourront développer leur clientèle et ainsi garder leurs marchés, voire même en conquérir de nouveaux.
Sur lexercice professionnel en ligne, les règles déontologiques, premières plus-values de toute prestation davocat, ne doivent pas pour autant devenir un frein à lexercice professionnel dématérialisé. Cest ainsi quil est ardemment souhaité que même lactivité judiciaire puisse être dématérialisée. Dans le même temps, les avocats doivent garder la maîtrise directe de la relation client. Toute participation à des sites gérés par des non-avocats ne peut être envisagée que dans un cadre strict, étant précisé quil est souhaitable que ce soit des avocats qui développent des outils dintermédiation pour eux-mêmes et leurs confrères. Tout site de tiers dénigrant la profession davocat et/ou proposant des prestations relevant dun exercice illégal doit être combattu.
Sur les outils de production « métier », lusage des nouveaux outils de type « cloud » (cest-à-dire délocalisé) ou autres doit être encouragé mais dans des conditions de sécurité répondant aux impératifs déontologiques de confidentialité et de gestion des conflits dintérêt. Pour ce faire, il est souhaité quau niveau du CNB, un comité dexperts soit mis en place pour établir un cahier des charges ayant vocation à devenir une norme annexée au RIN. Chaque prestataire (SSII) dun cabinet devrait ensuite prendre lengagement de respecter cette norme.
Enfin de manière transversale, la formation initiale et la formation continue de lavocat doivent être réformées pour intégrer tous les modes dexercice dématérialisés de la profession. Ainsi, la formation à un logiciel métier ou à lamélioration de la visibilité sur internet (webmarketing) doivent pouvoir être abordés et validables au titre des heures de formations obligatoires.
le livre-blanc, dont la synthèse est téléchargeable ci-après, fixe ainsi une certaine « doctrine » de la FNUJA qui pourra être relayée tant au niveau des instances nationales par les élus FNUJA au sein du CNB, quau niveau local par les élus des UJA dans les conseils de lOrdre.
Bien entendu, cette « doctrine » ne doit pas rester figée. Face au défi perpétuel des nouvelles technologies, ces travaux devront eux aussi être régulièrement mis à jour.
Eric LE QUELLENEC
Président de la Commission Nouvelles Technologies de la FNUJA
