LE PROGRAMME DE LA FNUJA
Le 21 novembre prochain, nous serons appelés à renouveler nos représentants au Conseil National des Barreaux. Lenjeu est important car il sagit de choisir ceux qui, durant les 3 prochaines années, devront sinvestir dans lintérêt de la profession. Défendre notre profession, la faire progresser et prospérer, voilà les ambitions des Jeunes Avocats. Cest en ce sens quils entendent continuer à participer activement aux travaux du CNB. Le programme de la FNUJA est développé autour de 8 thèmes principaux couvrant lensemble des enjeux auxquels notre profession doit répondre.
GOUVERNANCE DU CONSEIL NATIONAL DES BARREAUX
Le CNB a vocation à représenter la profession davocat mais bon nombre davocats ne se sentent pas représentés par lui. Il parait impératif de renforcer le lien entre les avocats et leur institution nationale, ce qui passe par un mode de scrutin clair. Chaque collège du CNB qui compose lassemblée générale, cest-à-dire les syndicats et les ordres devraient être élus au suffrage universel direct, tout comme le Président de CNB. Cest lensemble de linstitution qui gagnerait en légitimité. De même, il convient de redéfinir le contour des missions du CNB afin de les distinguer de celles dévolues aux ordres, ce qui donnerait plus de lisibilité.
LEGALITE ENTRE LES CONFRERES
Moteur dans la promotion de légalité entre hommes et femmes depuis de nombreuses années, les propositions de la FNUJA, notamment lors de la précédente campagne au CNB en 2014, ont permis la création de la Commission Egalité au sein du CNB. La FNUJA sen félicite. Mais il faut se saisir dautres sujets.
Depuis plusieurs mois, la FNUJA travaille avec le Défenseur des Droits pour élaborer et diffuser un grand sondage sur la discrimination dans la profession. Les résultats sont en cours de traitement.
Toujours soucieuse de rétablir légalité entre les confrères, la FNUJA considère que le CNB doit aller plus loin encore dans son action sur légalité. Le CNB doit continuer ses travaux sur légalité entre hommes et femmes au regard de la composition de la profession mais doit également travailler sur les questions liées au handicap, à la discrimination religieuse, raciale, liée à lâge etc.
AIDE JURIDICTIONNELLE
Depuis cette année, la profession est parvenue à obtenir une revalorisation de lunité de valeur de laide juridictionnelle à une valeur fixe et unique de 32, ce qui navait pas été fait depuis 2007. Cette revalorisation reste insuffisante et seule une revalorisation du budget global de laide juridictionnelle est envisageable.
Laugmentation du budget dédié à laide juridictionnelle devra être envisagée sans que cela ne passe par un surcoût pour la profession ou un financement par une taxation des cabinets ou par le produits des CARPA.
La FNUJA restera moteur en matière de recherche dautres sources de financement de laide juridictionnelle.
La FNUJA se battra contre la mise en place du projet des « structures dédiées ». Il sagit dun système qui nest pas acceptable. Nous exerçons une profession libérale par excellence, il est impensable de vouloir privatiser le système de laide juridictionnelle par quelques cabinets dits conventionnés où de jeunes avocats y exerceraient en étant dans lincapacité de développer leur clientèle.
COLLABORATION
Le contrat de collaboration libérale est une richesse pour la profession davocat, à condition toutefois den respecter lesprit, à savoir une activité au service dun cabinet et une autre consacrée à sa clientèle personnelle.
Tel nest malheureusement pas toujours le cas et force est de constater que peu de situations où le collaborateur se trouve dans un exercice exclusif ou quasi exclusif au bénéfice du cabinet avec lequel il est contractuellement lié, ne donne lieu à requalification du contrat en contrat de travail. Les ordres sont bien souvent démunis dans de telles situations compte tenu dune part du fait que bien souvent le collaborateur « nose se plaindre », et dautre part de la lourdeur de la procédure disciplinaire.
La collaboration est par nature une étape dans la vie professionnelle du jeune avocat et doit tendre vers linstallation ou lassociation. Elle na pas vocation à être un mode permanent dexercice.
Ainsi la FNUJA appelle notamment le CNB :
– à sassurer de lexistence dun contrôle effectif de la possibilité pour les collaborateurs libéraux de développer leur clientèle personnelle,
– à se saisir de la problématique des associations fictives et à condamner les pratiques qui ne respectent pas nos règles déontologiques et freinent le développement des collaborateurs.
FORMATION
La formation, quelle soit initiale ou continue, est à la fois une obligation et un droit. De réformes en réformes, la durée de la formation initiale tend à se réduire et son coût à augmenter. La seule réponse qui consiste en une augmentation des droits dinscription est à la fois inefficace, puisque quelle ne modifie pas substantiellement la situation financière des centres de formation qui connaissent des difficultés budgétaires, et inique, parce quelle tend à une sélection par largent à la profession davocat.
Cest dans la mutualisation des moyens que se trouveront les économies. Nous sommes attachés à la présence de centre de formation sur lensemble du territoire, une gouvernance nationale de ces centres apparait toutefois nécessaire. Elle permettra en outre une harmonisation des enseignements afin doffrir à chacun les mêmes chances où quil soit.
Enfin la mise en place dune véritable formation en alternance, sous mode dun contrat de professionnalisation, permettrait une prise en charge par des fonds publics du coût de celle-ci et la création dun véritable statut de lélève avocat.
PROTECTION DU SECRET PROFESSIONNEL
La FNUJA rappelle, et rappellera autant que nécessaire, que le secret professionnel est une garantie fondamentale du justiciable et un devoir absolu de lavocat permettant lexercice effectif des droits de la défense.
Lindépendance de lavocat dans un Etat de droit démocratique impose le secret professionnel absolu.
Nous nous sommes opposés fermement à la reconnaissance dun privilège de confidentialité (legal privilege) couvrant les avis, consultation et correspondances émis par les juristes dentreprise au sein de celles-ci, en ce quil aboutirait notamment à laffaiblissement du secret professionnel de lavocat, au préjudice des entreprises et des particuliers.
Très attachée au respect absolu du secret professionnel qui demeure le seul rempart garantissant les droits de nos clients, la FNUJA combattra indéfiniment toute atteinte qui lui serait porté, sous quelque forme que ce soit.
UNE PROFESSION CONNECTEE
Lavocat daujourdhui et de demain doit se saisir des opportunités qui lui sont offertes (blockchain, justice prédictive, automatisation des taches) et digitaliser son exercice professionnel afin de développer son activité et de conquérir le marché du droit sur internet.
Ce nest quen investissant ce marché que les avocats seront le mieux à même dévincer les braconniers du droit.
Le CNB doit accompagner les avocats dans la transition digitale et lever les freins à linnovation en faisant évoluer nos règles professionnelles, et notamment le financement des cabinets par louverture encadrée des capitaux extérieurs. La FNUJA y travaillera.
PILOTAGE DE CARRIERE
Tout avocat est un entrepreneur, quil soit collaborateur, installé ou associé, quel que soit son nombre dannées de barre. Ainsi, tout au long de sa carrière, il doit piloter son activité pour être maître de son avenir et de son évolution de carrière. Pour ce faire, il dispose de nouveaux outils (notamment liés aux nouvelles technologies) et de nouveaux dispositifs (interprofessionnalité, pluralité dexercice, etc.) pour développer son activité.
A lui de se saisir de toutes les opportunités qui permettent le développement de clientèle. Pour accompagner lavocat dans son pilotage, la FNUJA demande au CNB de :
– Définir clairement la pluralité dexercice et fixer ses contours de manière raisonnée afin de sécuriser le développement de lactivité de lavocat,
– Offrir la possibilité au collaborateur libéral de pouvoir sassocier dans une structure et apprécier la viabilité de son projet pendant une période probatoire, sous réserve de lévolution de lexclusivité dexercice,
– Poursuivre la construction de linterprofessionalité dans lintérêt de notre profession.
Liste des candidats FNUJA (Collège Général Province)
2. Sandrine Vara (Lyon)
3. Vincent Penard (Aix-en-Provence)
4. Delphine Binet (Bordeaux)
5. Arnaud Adelise (Val de Marne)
6. Anne Krummel (Strasbourg)
7. Jean-Baptiste Blanc (Marseille)
8. Ange-Aurore Hugon-Vives (Grasse)
9. Quentin Leclerc (Lille)
10. Agnès Oriot (Grenoble)
11. Guillaume Danet (Montpellier)
12. Hélène Laudic-Baron (Rennes)
13. Hadrien Chouamier (Saint-Malo, Dinan)
14. Anne Muller (Metz)
15. Goeffrey Barthelemy (Draguignan)
16. Sandrine Monti (Caen)
17. Louis Legentil (Dijon)
18. Marie Mazars (Nîmes)
19. Xavier Fruton (Nice)
20. Hélène Maya (Bayonne)
21. Guillaume Bert (Chalons en Champagne)
22. Sarah Duch (Poitiers)
23. Thomas Gachie (Mons de Marson)
24. Alexandra Boisramé (Aix-en-Provence)
Liste des candidats UJA de PARIS (Collège Général PARIS)
2. Thomas Charat
3. Marie-Hélène Fabiani
4. Jean-Laurent Bourel
5. Anne-Lise Lebreton
6. Eric Le Quellenec
7. Catheline Modat
8. Frank Peterson
9. Marion Couffignal
10. Arnaud Delmas
11. Emmanuelle Paire
12. Simon Dubois
13. Alice Rémy
14. Frédéric Perrin
15. Lætitia Marchand
16. Olivier Bernheim
