Madame la représentante du Maire de Strasbourg,
Madame la vice-présidente du Tribunal Judiciaire de Strasbourg, représentant le Président Thierry GHERRA,
Monsieur le président du Tribunal Administratif,
Monsieur le président du Conseil National des Barreaux,
Madame la bâtonnière de Paris, vice-présidente du Conseil National des Barreaux,
Monsieur le Président de la Conférence des Bâtonniers,
Madame la Vice-présidente du Conseil national des Barreaux,
Monsieur le Président de la Caisse Nationale des Barreaux Français,
Monsieur le Bâtonnier de Strasbourg, Cher Bruno,
Madame la vice-Bâtonnière de Strasbourg, Chère Tiffany,
Madame la Bâtonnière élue du barreau de Saverne, représentant le bâtonnier de Saverne,
Monsieur le Président de lEcole Régionale des Avocats du Grand Est,
Madame la Directrice de lEcole Régionale des Avocats du Grand Est.
Mesdames, Messieurs les bâtonniers et anciens bâtonniers,
Monsieur le représentant de la Chambre des Notaires,
Madame la Vice-Présidente du Syndicat des Jeunes Magistrats,
Madame la Présidente du Syndicat des Avocats de France,
Madame la représentante de lAssociation des Avocats Conseil dEntreprises,
Monsieur le Président de KERIALIS,
Madame la Présidente de Lunion des Jeunes Avocats de Strasbourg Saverne,
Mesdames et Messieurs les présidents et anciens présidents des Unions de Jeunes avocats de métropole et doutre-mer,
Mes chers confrères, chers parents et amis,
« Cest à tort que les hommes se plaignent de la fuite du temps, en laccusant dêtre trop rapide, sans voir quil sécoule à la bonne vitesse. »
Je fais mienne cette citation de Léonard de VINCI.
Dun congrès à lautre, le temps pour le président de notre syndicat, comme pour ceux qui le rencontre, semble être un éclair.
Le mandat est cours, certes, mais il ne faut pas confondre durée et rapidité du temps qui passe.
En réalité, la FNUJA est bien faite, car elle donne à son président la possibilité dun engagement complet, intense, mais sans laisser place à lépuisement.
Le climat bousculé du dernier congrès a rapidement laissé place à une unité dun exécutif solidaire, combatif et travailleur.
Seul lintérêt de la FNUJA devait nous guider. Rien na pu et rien ne pourra perturber laffectio societatis si fort qui préside aux destinées de notre syndicat et qui nest autre que limmuable lien entre toutes les UJA de France.
A lheure de regarder un passé encore si proche, je me dis que nous avons accompli beaucoup de choses, et de belles choses.
Tout juste à la sortie du congrès, le décret n°2021-810 du 24 juin 2021 venait parachever la mise en place du mécanisme de laide juridictionnelle garantie.
Le mécanisme dit de « lAJ garantie » a pour but de garantir à lavocat commis ou désigné doffice ayant effectivement accompli sa mission dêtre indemnisé sans avoir à justifier des ressources de son client (ce qui était impossible dans les procédures urgentes).
Grâce au travail du Conseil National des Barreaux, auxquels nos élus, anciens et nouveaux ont largement participé, ce mécanisme a pu voir le jour, et nous ne pouvons que nous en féliciter, en dépit des quelques difficultés de mise en application qui ont pu avoir cours.
Au cur du mois daoût tombaient, après de longs mois dattente et une appréhension certaine, les résultats de la représentativité.
Après un court instant dangoisse sur linterprétation des résultats, les faits et les chiffres ne trompaient pas. La FNUJA est déclarée représentative au niveau de la branche des salariés de cabinets davocats.
Cest une incontestable victoire.
Alors que sept syndicats étaient jusqualors représentatifs, ce sont désormais quatre syndicats, dont la FNUJA, qui ont désormais droit de citer dans les organismes du paritarisme aux acronymes barbares.
CPPNI, ADDSA, CPNE, SPP : je vous ai régulièrement parlé de ces différents organismes, dont la technicité du fonctionnement et des décisions qui y sont prises, nécessitent une compétence particulière que la FNUJA se doit de transmettre.
Je sais, Anne, Stéphane, Catheline, Damien, Matthieu, que les réunions de ces organismes sont un sacerdoce, le climat portant davantage aux tractations et aux invectives, bien plus quaux sujets de fond.
Lavenir sy présente toutefois sous de meilleurs auspices, et je sais compter sur nos alliés historiques au sein de la branche pour que nous puissions agir pour le bien des salariés de cabinets davocats.
Jen fais le souhait.
Je noublie enfin pas que les résultats de la représentativité sont le fruit dun travail acharné de Sonia et de Catheline, qui ont su révéler notre force collective et confirmer que sur laudience des cabinets davocats, la FNUJA était, et de loin, le premier syndicat de France !
Et je sais que nous pourrons encore faire mieux à lavenir.
Nous avons été rapidement sortis de notre douce torpeur estivale pour répondre à la première attaque portée à notre profession par la Chancellerie.
Le 27 août 2021, la Direction des Affaires Civiles et du Sceau a saisi le Conseil National des Barreaux dune proposition de modification des articles 446-2, 768, et 954 du Code de procédure civile, visant à imposer aux Avocats la rédaction dune synthèse des moyens développés dans leurs conclusions, devant respecter le formalisme suivant :
- La synthèse ne doit pas excéder 1.000 mots ET 10 % du volume total des écritures ;
- Être présentée de façon numérotée dans lordre des prétentions ;
- Comprendre la mention des pièces communiquées à leur appui ;
Le ministère de la Justice proposait ainsi que la sanction du non-respect dun tel formalisme soit labsence de saisine du juge pour les moyens qui, pourtant développés dans le corps des conclusions, et repris dans le dispositif, nauraient pas été synthétisés sous les formes requises.
Je ne sais pas, au moment où je relis ces lignes, si vraiment une telle insulte à la profession davocat a véritablement pu exister.
Comment vouloir imposer lexposé limité dun litige en fait et en droit, dans un contentieux dont les enjeux sont souvent très importants ? Comment avoir lidée même de limiter lexpression des avocats dans lexercice de leur métier ? Comment oser résumer le rendu de la justice à une logique purement comptable ?
Je me rendais la semaine dernière à la revue de lUnion des Jeunes avocats de Metz, à loccasion de laquelle un sketch, intitulé sobrement 1000 mots, remarquablement écrit, parodiait durement la circulaire de la Chancellerie.
Les avocats sur scène étaient ainsi crédités dune jauge de mille mots.
Une fois la jauge épuisée, lavocat mourrait, dans lindifférence total des magistrats désabusés et réduits à létat de scribes.
Avec des fausses allures de « marche ou crève », la métaphore de lavocat mourant une fois son crédit de liberté dexpression et de droit de la défense épuisé, continue à me glacer.
Si, par les réactions vives suscitées par la circulaire, celle-ci nest pas devenue effective, je narrive toujours pas à comprendre comment un ministre, dont la carrière davocat est fondée sur une liberté de parole et décrit qui ne saurait souffrir daucune atténuation, a pu laisser ce projet exister.
Ce malaise nest en rien la responsabilité des magistrats, et lannée qui sest écoulée à connu le plus grand mouvement de libération de la parole de la magistrature, dordinaire si discrète.
La justice a tué. La justice a tué en son sein.
Par une tribune largement publiée, et face à lémotion du suicide dune jeune magistrate, victime dune institution judiciaire à bout de souffle, les juges de notre pays se sont levés pour dénoncer le manque de moyens, tant évoqué par les avocats depuis de très nombreuses années.
Alors nous nous sommes réunis, nous avons échangés, nous avocats, avec les jeunes magistrats, pour essayer de comprendre cette détresse.
Merci encore, chère Esther, pour ton intervention pour le compte de lAssociation des Jeunes Magistrats, lors de notre comité national.
Je sais bien que votre signal dalarme na pas été entendu, ou très partiellement, lexécutif se targuant simplement, en 2022, davoir équipé les magistrats dordinateurs portables
Au-delà, ce rassemblement des professions du droit, et en particulier des magistrats et avocats, a transcendé les différends qui ont pu avoir cours lan dernier, dont le paroxysme a trouvé écho dans lexpulsion manu militari dun de nos confrères lors dune audience, alors quil exerçait simplement les droits de la défense.
Je souhaite reprendre les mots du président du tribunal judiciaire de Strasbourg, qui ma écrit à loccasion de ce congrès. Je le cite :
« Je crois profondément que le partage entre avocats et magistrats représente la condition de la réussite d’un projet judiciaire commun dont les contraintes reposent sur chacun d’entre nous. Les marges d’amélioration bénéficient aux deux professions et les avantages obtenus sont recueillis en définitive, par nos concitoyens »
Je partage votre conviction.
Et nos convictions, il a fallu les porter comme rarement à loccasion de la réforme portée par le ministre de la Justice et censée rétablir la confiance entre les citoyens et linstitution judiciaire.
Cette réforme allait largement occuper notre fin dannée 2021.
Il faut saluer des avancées non négligeables :
– Lencadrement des durées des enquêtes préliminaires (bien quatténué par de nombreuses exceptions),
– la tentative de limitation du recours à la détention provisoire au profit de mode alternatifs à lemprisonnement,
– lavancée des droits des détenus, par le droit de visite du bâtonnier des lieux de privation de liberté et par des avancées en termes de droits sociaux des détenus, que la FNUJA appelle à encore renforcer. Nous avons sur ce point une doctrine complète, riche et ancienne.
De même, est-il intéressant de voir que larticle 44 de la loi permet de donner force exécutoire aux transactions et aux actes faisant lobjet dun accord dans le cadre dune médiation, dune conciliation ou dune procédure participative, lorsquils sont contresignés par les avocats et revêtus de la formule exécutoire par le greffe de la juridiction compétente.
En plus de renforcer la place des modes alternatifs de règlement des conflits, cest également une première pierre à lédifice vers, je lespère, la force exécutoire de lacte davocat.
Le représentant de la chambre des notaires froncera probablement les sourcils, mais je reste convaincu que la profession est prête et suffisamment équipée et organisée pour garantir lexistence dun tel acte dans notre ordonnancement juridique.
Seulement voilà, à toutes ces dispositions aux apparences avantageuses, suit tout un cortège datténuations, dexceptions, de nuances ou de dispositions néfastes, à tout le moins inutiles.
Pourquoi diable, Monsieur le ministre, poursuivez-vous lexpérimentation des Cours criminelles que vous considériez, tout comme nous, du temps où vous étiez avocat, comme une hérésie ?
Nous dénonçons et nous dénoncerons toujours une réforme de la Cour dAssises excluant les jurés populaires, lesquels représentent pourtant le peuple français dans lexpression la plus démocratique de la Justice rendue en son nom.
Les cours criminelles départementales portent nécessairement atteinte aux principes fondamentaux de loralité des débats, du contradictoire et du droit au procès équitable, en instaurant en outre une hiérarchisation des crimes, ce que nous refusons.
Pourquoi diable, Monsieur le Ministre, avez-vous voulu faire rentrer la justice dans le salon des Français ?
Pourquoi encourir le risque de faire naître en France une justice spectacle ?
La Chancellerie, si elle était présente, me rétorquerait que la loi a prévu des garde-fous, que les motifs de recours à lenregistrement vidéo et audio dune audience sont limités, et quun accord préalable des parties est nécessaire.
Mais à lheure où les réseaux sociaux et la diffusion massive de vidéo sont devenus des déversoirs de haine et de propagandes en tout genre, je ne peux mempêcher de minterroger sur les détournements quune diffusion de certains procès pourraient engendrer.
Et je ne veux pas nous entendre dire comme simple réponse quil faut vivre avec son temps.
La justice est certes publique, mais elle doit rester digne, respectueuse des droits, et surtout impartiale.
Enfin, pourquoi diable annoncer un renforcement du secret professionnel de lavocat, garantie essentielle du justiciable et du lien de confiance avec lavocat, pour ensuite y porter exception ?
Alors que lAssemblée nationale avait voté un texte, consacrant enfin lunicité du secret professionnel de lavocat, mettant un terme à linsécurité jusqualors de mise liée à la jurisprudence de la chambre criminelle de la Cour de cassation, voici que le sénat, par un amendement scélérat, est venu porter exception au secret professionnel pour la délinquance dite en col blanc.
Je ne rappellerai quune chose : le secret professionnel de lavocat est la garantie même de droits fondamentaux et ce même hors lexercice de droits de la défense.
Il sapplique « en toutes matières, que ce soit dans le domaine du conseil ou dans celui de la défense ».
Il ne saurait souffrir daucune exception !
Je ne reviendrai pas sur la genèse de ladoption du texte final et du processus législatif, ayant abouti au texte que nous connaissons.
Mais je vous dois, Monsieur le Président du Conseil national des barreaux, une explication.
Je sais à quel point le dialogue avec la Chancellerie a été difficile, je sais les nuits blanches et les difficultés à trancher sur un sujet si brûlant, face à un ministre qui voulait que sa solution vienne de nous.
Mais nous considérons à la FNUJA que la seule position qui tienne est celle de la proposition de rédaction de larticle 3 de la loi telle que proposée initialement par lassemblée générale du Conseil national des barreaux et votée à lunanimité.
Il nous a paru inacceptable de devoir se livrer à un choix de plusieurs options, dont aucune nétait satisfaisante, le procédé relevant davantage du chantage que de la négociation.
Oui, nous aurions voulu un vote sur le maintien de notre position initiale, à lexclusion de toute autre.
Je sais que notre communication vous a déplu et que vous la trouvez injuste, mais la critique ne vous était pas adressée à vous.
Elle nest que le reflet du sentiment de ne pas être écoutés, nous avocats, comme nous aurions dû lêtre sur un sujet aussi crucial.
Écoutés ?
Le serons-nous vraiment lorsquil sagira de revenir et de tirer les enseignements des États Généraux de la justice ?
Cette grand-messe nous a semblé vouloir combler un projet justice lacunaire.
Cest dailleurs le sentiment général qui sest manifesté lors du débat coorganisé par lUJA de Paris, lÉcole de droit de Sciences Politiques et la FNUJA, entre les représentants Justice des principaux candidats à lélection présidentielle.
Linanité de certaines réponses aux questions posées, allant du tout sécuritaire au concours de celui qui viendrait promettre le plus de création de postes de magistrats, si ce nétait de places de prison, ont démontré que la justice restait le parent pauvre de la campagne.
Et pourtant, il y a tant à faire.
Pour la FNUJA, les Etats Généraux de la justice nauront pourtant pas été inutiles.
Ils auront été loccasion de compiler des années de doctrine dans un document unique, dont je remercie les contributeurs, et en particulier notre premier vice-président Simon Dubois, sobrement appelé : 40 propositions pour la justice.
Ces 40 propositions doivent nous servir de guide.
Je nen ferai pas le catalogue exhaustif devant votre assemblée, mais il me faut citer quelques propositions qui, sils peuvent apparaitre comme des vux pieux, reflètent les préoccupations des jeunes avocats et font écho à lactualité de lannée passée et à certains travaux qui seront menés pendant ce congrès :
- Cesser les logiques économiques en matière pénale et linflation législative et donner à la Justice des moyens humains et matériels suffisants
- Lutter contre la déshumanisation de la justice
- Établir légalité des droits entre les parties au procès en créant un « habeas corpus » à la française
- Mener une réflexion sur le statut des magistrats garantissant une séparation effective des pouvoirs et assurant une véritable indépendance du parquet. On le sait, le comité Sauvé des Etats Généraux de la justice en a fait un de ses axes de réflexion.
- Faire de lavocat la porte dentrée de lusager au sein de la justice numérique. Cette année encore, la FNUJA a eu à déplorer que les données présentes sur les plateformes de jurisprudence des juridictions administratives et judiciaires ne soient toujours pas ouvertes aux avocats en leur qualité dauxiliaire de justice, ce qui induit un préjudice, tant pour la profession, que pour le justiciable. Les avocats, présentent pourtant, par leur déontologie, toutes les garanties pour lutilisation de ces données intègres ouvertes aux magistrats ;
- Garantir le respect du principe de spécialité de la justice des mineurs
La justice des mineurs toujours et encore malmenée.
Le projet de loi justice pour la protection des mineurs est encore une occasion manquée : une occasion manquée dinscrire dans la loi et de rendre effectif le principe « dun enfant, un avocat », appelée de ses vux par la FNUJA lors de son congrès de 2021.
Tout comme les syndicats, le CNB a vivement regretté que le texte adopté nait pas été à la hauteur de la grande réforme attendue par tous les professionnels de lenfance.
La loi se doit en effet de garantir à tout enfant un accès effectif au droit et à la justice, quels que soient son âge, son sexe, ses origines et sa capacité de discernement.
Lobjectif nest, à ce jour, toujours pas atteint.
Oui, cest un idéal de justice que la FNUJA défend, et elle continuera de se battre pour que cette justice sapplique à tous, tout le temps, et en tout lieu.
Parce que notre justice française, bien imparfaite, na jamais fait oublier ce quelle peut être en dautres lieux et notamment dans lexercice de la profession davocat.
Lactualité internationale nous a donné trop doccasions de nous révolter contre le sort réservé à nos confrères partout dans le monde.
Je pense notamment aux confrères afghans, pris au piège de la prise de Kaboul par les talibans, et pour lesquels il est question de vie ou de mort.
Cher Jérôme, je crois que personne noubliera lintense émotion vécue en assemblée générale du Conseil national des barreaux, accueillant le bâtonnier de Kaboul, valises encore à la main, accompagné de sa famille et qui, Grâce au soutien du Conseil National des Barreaux, a pu demander et obtenir la délivrance dun visa auprès de lAmbassade de France en Iran afin de rejoindre la France le 19 novembre 2021.
Il me faut en outre remercier le travail de notre commission internationale, qui sest montrée particulièrement concernée et investie pour dénoncer les atteintes aux droits de nos confrères étrangers et je salue une fois de plus linitiative du barreau dAix-en-Provence, à laquelle la FNUJA sest associée, lors de la Juriscup à Marseille, pour ne pas oublier les noms de nos confrères menacés.
La Charte Internationale du jeune avocat, présentée à loccasion de ce congrès, va bien évidemment dans le sens du renforcement des droits fondamentaux auxquels peuvent prétendre les avocats.
Le préambule rappelle que les devoirs qui simposent aux Avocats, et qui constituent leur déontologie, ne peuvent se concevoir que si les Avocats bénéficient eux-mêmes de droits et de libertés.
Cest pourquoi il revient à tout État dassurer leur protection.
Une attention toute particulière doit ainsi être accordée aux Jeunes Avocats, que la précarité inhérente au début de lexercice expose davantage aux atteintes aux droits et libertés.
Cette charte, qui a vocation à déterminer un standard minimum des droits des jeunes avocats, notamment en termes dentraide, de formation, de défense, aura vocation à être signée par les pouvoirs publics, toute instance représentative de la profession davocat, les centres de formation, toute association professionnelle davocat ou tout jeune avocat qui souhaiterait adhérer à titre individuel.
Nous ferons en sorte dy apporter la plus large diffusion.
Cet impératif de protection du jeune avocat, ici en France, sest imposé une nouvelle fois à nous durant les douze derniers mois.
La FNUJA aura eu un rôle déterminant.
Le 4 février 2022, à la demande délus FNUJA, Anne-Sophie LEPINARD et Charles-Edouard PELLETIER, le CNB a adopté, à une large majorité, une nouvelle sanction disciplinaire dinterdiction temporaire de conclure des contrats et dencadrer des collaborateurs (ou des stagiaires), dès lors quun avocat aura fait lobjet dune condamnation disciplinaire pour un comportement répréhensible à légard dun collaborateur ou dun stagiaire.
Cette grande avancée était réclamée de longue date par la FNUJA et vient parachever un long processus de contrôle de lexécution des contrats de collaboration.
Dès 2010, et lors du Congrès de Paris en 2019, la FNUJA avait appelé les Ordres à créer des référents collaboration ayant pour vocation découter et de faire remonter les difficultés des collaborateurs.
Il était demandé un contrôle a posteriori des modalités dexécution des contrats de collaboration libérale.
Ce fut chose faite par linscription du contrôle a posteriori dans le RIN par la précédente mandature du CNB.
La FNUJA ne peut aujourdhui que se féliciter de ladoption de ces sanctions qui constituent une étape fondamentale pour la lutte contre les comportements déviants des cabinets daccueil envers leurs collaborateurs.
Cette mesure devenait urgente, à lheure où les médias se sont largement fait lécho de comportements intolérables au sein de cabinets.
La FNUJA sest fait forte de renforcer ces nouvelles mesures par la mise en place dun nouveau dispositif daccompagnement et daide des collaborateurs.
Cest ainsi quest né le service ASSISTANCE COLLAB.
Cest un outil gratuit et confidentiel, inspiré du service SOS COLLAB créé il y a plus de vingt ans par lUJA de Paris.
Ce service permet aux collaborateurs de faire part de leurs difficultés, de leurs doutes, à un référent qualifié qui est là pour les écouter, les conseiller, puis, éventuellement, les accompagner dans les éventuels recours, quils pourraient engager.
La force de ce service réside dans le fait que les référents relèvent dun ressort territorial autre que celui où exerce le collaborateur concerné, afin déviter tout conflit dintérêt ou la peur de parler.
Je souhaite un bel avenir à ce service qui, je lespère, servira au plus grand nombre.
Je souhaite également tout le succès que les 5 guides présentés à notre congrès méritent.
Le guide de la parentalité, le guide actualisé du numérique, le guide de la protection sociale, le guide des marchés publics, le guide de laide juridictionnelle, sont autant doutils qui permettront aux avocats de mieux vivre et comprendre lexercice de notre profession.
Tout ira bien.
Cest ainsi que je ponctuais le début et la fin de mon discours de candidature à la présidence de la FNUJA.
Ces quelques mots peuvent raisonner comme une antiphrase.
Sous bien des aspects, cela est vrai.
Mais notre syndicat va bien, et sil a fallu se livrer parfois cette année à un travail déquilibriste, je ne vois pas devant moi une FNUJA désunie.
Cest paradoxal peut-être, mais notre FNUJA, à la fois vieille et éternellement jeune, peut encore grandir.
Cela ne mappartient plus.
Cela vous appartient à vous, Unions de Jeunes avocats de mon cur, qui mavaient tant donné pendant une année.
Je remercierai là tout spécialement mon UJA, celle de Strasbourg-Saverne, et en particulier sa présidente Anne Gangloff de mavoir offert ce magnifique congrès, vingt-ans après le dernier congrès de la FNUJA, où Stéphane LALLEMENT était le président sortant de la FNUJA et Jean-François BRUN le chef dorchestre de lorganisation.
Merci également à mon barreau et à notre belle école. Merci cher Bruno, Merci cher Christophe, Merci chère Enke.
Stéphane, ce sont par les mots de liberté, dégalité et de fraternité que tu avais ponctué ton discours de fin de présidence.
Ces mots, devises de notre pays, sont trois principes que la FNUJA continue à porter.
Lavenir appartient également à nos élus.
Ceux de la CNBF tout dabord, qui ont poursuivi les travaux menés depuis plusieurs années et qui se préparent désormais à une nouvelle lutte, aux côtés de toute la FNUJA, car une réforme très prochaine, qui inquiète dores et déjà, guette.
Alexandra, Jean-Baptiste, Catheline, Anne-Sophie, Stéphanie, Marion, Charles-Edouard, Boris, Pierre, votre travail au sein du CNB, instance représentative de notre profession est un exemple.
Vous avez mis dans laccomplissement de votre début de mandat un investissement qui force notre respect.
N’oubliez jamais que, qui que ce soit à la tête de notre syndicat et quoi quil puisse se décider au bureau, en comité, ou en assemblée générale, cest lintérêt supérieur de notre syndicat qui doit guider votre action.
Ma confiance en vous et totale, et je sais que vous relèverez avec brio les défis qui nous attendent les prochains mois. Le bureau et nos commissions seront prêts à vous servir et à vous soutenir dès quil le faudra.
Je tiens à remercier également nos présidents dhonneur. Pas un ne sest montré absent quand il sest agi de les solliciter, quoi quils fassent, où quils soient. Un lien indescriptible lie les présidents de génération en génération. Je ne le pensais pas aussi fort.
Catheline MODAT, tu me disais prêt lors de ton discours à Lyon. Jespère ne pas tavoir fait mentir.
Alexandra BOISRAME, Merci pour ta loyauté. Cétait un bonheur de travailler avec toi, chacun dans son bureau respectif.
Matthieu DULUCQ, tes conseils avisés, qui ont éclairé déjà quelques générations de présidents, restent extrêmement précieux.
Jean-Baptiste BLANC. Mon ami. Tu nimagines pas à quel point ta présence à mes côtés a été importante cette année. On nous a dit parfois chien et chat. Cest faux. Tes petits mots, toujours rassurant dans les moments de doute, ont été indispensables.
A mes associés, à mes enfants, à toi Anne mon épouse, je rentre !
Quand je dis je rentre, je rentre entièrement, le corps et lesprit.
Vous avez été témoins des coulisses dune présidence, souvent accaparante mais vous ne mavez jamais fait douter.
Mon bureau. Et quel bureau !
Infatigable, bienveillant, travailleur, disponible, intransigeant, juste, remarquable.
Il a fallu me suivre, il a fallu vous suivre, parfois calmer une fougue liée, pour certains dentre vous, à votre jeune parcours au sein du bureau de la FNUJA.
Vous avez toujours répondu présents sur mes sollicitations et avez toujours eu conscience de ce que représente notre fédération.
Je sais que vous laimez et que vous laimerez toujours intensément, quel que soit votre parcours à venir.
Gaëlle PASQUIER de SOLAN :
Ton expérience de lobbyiste, ta connaissance du droit international ont été dune précieuse aide. Tu as intégré une FNUJA que tu connaissais mal et je sais que tu arriveras à y trouver une place. Ton enthousiasme et ton franc-parler ont encore beaucoup à nous apporter.
Pierre BRASQUIES :
Cest par le groupe des « experts » constitué lan passé que tu as appris les arcanes du fonctionnement de notre syndicat. Avec toi, rien ne passe à travers les mailles du filet. Tout est scruté, analysé, compris. En un an, tu as su te faire une place de tout premier plan dans notre syndicat, porté par ta force de travail, ton intelligence et un sens de lhumour décapant. Bravo et merci.
Niels BERNARDINI :
Tu as été lartisan de tellement de choses cette année. Tu laisses sur notre bureau une empreinte indélébile. A aucun moment, il nest possible de douter. Ta fiabilité est exemplaire. Tu poursuivras ton chemin à lUJA de Paris, mais je sais que ta fédé ne sera jamais loin. Merci pour ta confiance et ton amitié.
Axel CALVET :
Tu as su trouver t
