Pardonnez-moi ce réflexe post-traumatique dû à un audit interminable de 8 heures et 14 minutes très précisément, auquel notre Président et votre serviteure avons été soumis lundi pour la FNUJA, et dont je cauchemarde encore
Cette boutade me permet surtout de prendre doucement mes marques à ce pupitre où je mapprête à commencer un exercice qui mest difficile : parler de moi.
Un avocat a plus lhabitude de parler des autres que de lui, mais comme le dit une personne qui mest chère, parler des autres, cest aussi parler de soi.
Cest guidée par ces mots que je me présente aujourdhui devant cette assemblée, avec humilité mais en conscience, pour vous soumettre ma candidature à la Première vice-présidence de notre syndicat.
Cette candidature, point dorgue de mon engagement, je ne lattendais pas, je ne lespérais pas, je ne limaginais pas. Et si je la dois grandement à un alignement parfait des planètes, elle trouve aussi son origine dans un parcours où le travail et labnégation ont été mon fer de lance, celui transmis par mes parents et qui est toujours mien aujourdhui.
Mes parents étaient tous deux immigrés algériens, mais cest en France quils se sont connus.
Mon père, aîné de sa fratrie, y est arrivé en 1964, au lendemain de lindépendance de lAlgérie, pour y travailler comme ouvrier, plus précisément comme chauffeur-routier, et envoyer chaque mois à ses plus jeunes frères restés au Pays de quoi financer leurs études de médecine. Ils lui feront honneur et ce sacrifice naura pas été vain.
Ma mère quant à elle trouvait sa vie bien trop calme de lautre côté de la Méditerranée, et décidait de venir en France en mai 1968, attirée par les images des manifestations qui parvenaient jusquà elle.
Ils se rencontrent un an plus tard à Cavaillon, où ils auront 4 enfants : mes 3 frères, puis moi, la benjamine, arrivée 10 ans après le dernier garçon. Cela explique certainement en partie mon oscillation permanente entre comportements masculins et féminité assumée.
Très vite, les garçons prennent leur envol, et je reste sous la surveillance appuyée de mes parents, un peu en fille unique, le sujet de toutes leurs attentions mais aussi de toutes leurs attentes.
Soucieux de nous offrir les clefs dune éducation exemplaire qui ferait de nous des « transclasses », ils étaient à lépoque, sans le savoir, le symbole de lintégration réussie : un subtil mélange de tradition et de mixité sociale, de conservatisme et de modernité, de religion et de laïcité.
- Nous passions chaque été en Algérie des vacances merveilleuses, et jen conserve un profond enracinement envers mon second pays. Notre éducation très pieuse était rythmée par les fêtes religieuses, que nous partagions avec nos amis et voisins, fiers de leur ouvrir nos portes pour les fêtes de lAïd et de leur faire découvrir nos traditions.
- Nos parents nous parlaient parfois de la guerre dAlgérie et de lindépendance retrouvée dans la douleur, mais ma mère me confectionnera pourtant avec application durant des nuits entières le parfait attirail de la petite révolutionnaire pour le Bicentenaire de la Prise de la Bastille célébré en 1989. Que ceux dentre vous qui nétaient pas nés à cette date aient la courtoisie de se taire
- Et si mes parents mapprenaient larabe, ils mimposaient dêtre en classe latiniste, et minscrivaient au conservatoire, où lon japprenais la formation musicale et pratiquais le piano durant dix ans.
Mais rassure-toi Simon, je ne rappellerai pas que derrière ta formation musicale classique dexcellence, il tarrive parfois de tégosiller secrètement sur cette institution de la chanson francophone : « Je taime » de Lara FABIAN.
Mon parcours scolaire jusquà la terminale se déroule sans accroc, et cest vers le journalisme que je souhaite me diriger. Après un bac littéraire en poche, jenvisage des études de lettres ou dhistoire-géo, pour intégrer ensuite une école de journalisme et de communication. Mais cela ne semble pas assez sérieux pour mes parents, cest en droit que lon souhaite que jaille.
Dans une sorte de consensus négocié, je cédais quant au choix des études. Ce ne serait toutefois pas à Avignon mais à Aix-en-Provence que jétudierai, pour me permettre de couper le cordon.
Ce sera le début dune période dont je garde un sentiment de plénitude, mépanouissant enfin dans une liberté absolue de choix, favorisée par une indépendance financière que mapportent les boulots étudiants, mais toujours négociée au prix de résultats scolaires satisfaisants, contrepartie de cette nouvelle vie. De belles amitiés naitront à cette époque et perdurent encore.
Les années détudes supérieures se succèdent à Aix-en-Provence, sans accroc là encore, et je reste en droit, non pas pour my préparer à un métier, mais pour prolonger encore et encore la vie insouciante que je my étais construite.
Mais la réalité me rattrape. Après avoir cumulé une maitrise en droit privé et sciences criminelles, une première année de master en droit des affaires, un Master 2 en carrières de la justice puis un diplôme universitaire en sciences criminelles et criminologie, je suis au pied du mur : il faut faire un choix.
Je nai alors pas encore la défense chevillée au corps, mais mes racines populaires me poussent instinctivement plus vers le barreau que vers la magistrature ou le notariat, consciente que peut être jy serai plus utile à ceux qui en ont besoin.
Jintègre lIEJ, mais les premiers mois sont très vite perturbés par un coup de massue : on me diagnostique une maladie de Crohn lannée de mes 25 ans.
Sen suivent la découverte de symptômes difficiles à accepter pour la jeune femme en construction que je suis, et la mise en uvre chaotique des premiers protocoles pour tenter une stabilisation.
Après 18 mois de rejet total de ma part, durant lesquels je nie la réalité, je suis rattrapée par la maladie et paye chèrement mon entêtement : hôpital dabord, puis retour chez mes parents pour une hospitalisation à domicile de trois mois, arrêt total de toute activité et de toute sortie.
Et alors que je ne peux pas malimenter durant 3 mois, je passe paradoxalement les premiers temps de cette période à éplucher des recettes de cuisine que japprends virtuellement.
Cette lubie me passe heureusement au bout de quelques semaines, et je décide de mettre à profit cette période pour préparer lexamen dentrée à lécole davocats. Je me dis avec du recul aujourdhui quà chaque chose malheur est bon, et que sans ce huis clos forcé, je nen serais peut-être pas là aujourdhui.
A lissue de la formation initiale, je prête serment le 5 janvier 2011 à la Cour dappel dAix-en-Provence, sous le regard admiratif et ému de mes parents. Jaime à penser quils sont partis ensuite en ayant le sentiment que la mission était accomplie.
Comme pour le stage final, je peine à trouver une collaboration à Aix-en-Provence, et cest Marseille qui sera mon premier Barreau dexercice.
Après quelques mois de première collaboration au sein du bureau secondaire dun grand cabinet parisien, où je suis en réalité seule et sans aucun accompagnement, je croise le chemin dun avocat en droit social à la recherche dune seconde collaboratrice. Je lui dis très sincèrement que je nai du droit du travail que la théorie. « Ce nest pas un problème, je vous formerai ». Ces seuls mots me décident.
On peut dire que ce fut le mariage de la carpe et du lapin : moi, la scolaire et rigoureuse, lui lautodidacte, ancien conseil juridique non formaté et qui osait tout dans les dossiers. Lui, cest Thierry MUNOS qui ma appris à avoir de laudace dans les dossiers que je pensais parfois perdus davance, et à emmener les Juges vers des chemins tortueux avec succès.
Aujourdhui Thierry, je profite que loccasion me soit donnée pour vous en remercier.
Malgré cette collaboration sereine, la zone franche urbaine où jexerce me tient éloignée de la vie du Palais et de celle du Barreau. Et le souhait dexercer à Aix-en-Provence où je vis ne me quitte pas.
Faute dy avoir trouvé une collaboration, je fais part aux amis marseillais que jenvisage de minstaller. « A Aix ? Mais ty es pas bien ou quoi ! Sont coincés les aixois ! Ny va pas malade !! ».
Je mentête et décide dy visser ma plaque après deux ans de collaboration marseillaise, tout en continuant, et jusquà aujourdhui encore, de travailler avec Thierry.
Mes premiers pas à Aix-en-Provence se passent bien, les confrères sont loin des grincheux conservateurs que lon mavait décrit, et se montrent au contraire accueillants et bienveillants envers moi. Si je reconnais quelques visages des bancs de luniversité, je ne connais pas les confrères de ma promotion, nayant pas été avec eux à lEcole des avocats.
Alors je pense à me rapprocher de lUnion des Jeunes Avocats dAix-en-Provence. Je fais la connaissance de sa présidente Barbara CAMOIN qui se montre douce et bienveillante, le contact est pris. Barbara tu demeures aujourdhui encore une présidente dhonneur présente et rassurante, et tes barbarades sont entrées dans les us et coutumes de lUJA dAix.
Le 4 juillet 2014, une grande manifestation se tient à PARIS contre la réforme du financement de laide juridictionnelle, sujet décidément cyclique.
Et alors que nous battons le pavé vers la chancellerie, un attroupement se forme, non pas autour de CRS qui nous bloqueraient le passage, mais de Gilles LELOUCHE, assis sur sa monture, entouré dune Horde de consurs déchainées tentant dobtenir le saint Graal : le selfie avec la star, oubliant à cette occasion tous les principes de leur serment, ainsi que ce pourquoi elles étaient venues manifester.
Linstinct me pousse à tenter le défi, je mapproche quand mon regard croise celui dune blonde qui semble aussi déterminée que moi et qui tient dans ses mains deux étranges drapeaux bleu et jaune dont je me dis quils feront la différence dans lépreuve.
Jlai rgardée, elle ma rgardée, jlai regardée et là : elle ma filée un drapeau. Bref, ce fut notre premier succès : une photo en témoigne et je prends chaque année un plaisir renouvelé à partager ce souvenir.
Quelques mois après, je suis contactée par la nouvelle présidente de lUJA, Laure BARATHON. Mon exploit parisien a fait mouche : elle me propose dassister à une réunion du bureau. On y parle dun week-end je ne sais pas trop où pour y faire je ne sais pas trop quoi, mais cest à NANTES et il y aura la dame aux drapeaux, dont japprends lidentité, Alexandra BOISRAME.
Talissa FERRER explique quelle ne pourra pas y accompagner Laure pour la plus belle des raisons, elle sera bientôt maman de jumeaux. Elle me cède sa place, contribuant sans le savoir à lalignement des planètes.
Ma rencontre avec la « Fédé » se passe donc en 2015 au Congrès de NANTES, ville de cur dAnne-Lise LEBRETON Présidente dalors. Nous assistons à lintervention de Christiane TAUBIRA, Garde des Sceaux, dernière ministre de la Justice venue lors dun congrès.
Avant la première soirée, Vincent PENARD nous donne avec Laure pour consigne de « surtout faire bien attention » sans autre précision. Nous nous rendons à la soirée « Dominantes », nous poussons la porte et pénétrons dans le royaume de la résille, des lanières en cuir et autres menottes en fourrure Les paroles de Vincent nous reviennent et nous faisons alors le pacte Laure et moi de ne pas nous séparer durant le Congrès !
Je rencontre ce soir-là notre Président, Simon WARYNSKI, je hoche la tête lorsquil me parle de la FNOUJA dans un fumoir irrespirable, je ne comprends pas de quoi il parle je me dis que lalcool doit lui faire avaler les consonnes.
Le lendemain matin en travaux de commission nous ne reconnaissons, pas les congressistes de la veille : les fouets et corsets en latex ont laissé place aux ordinateurs, Christophe CERVANTES et Florent LOYSEAU DE GRANDMAISON planchent sur un projet de Loi sur le secret, tandis que la motion « Exercice de la profession davocat au sein de lentreprise » occupe les débats de lAssemblée générale pendant de longues heures, et ne doit son salut quà deux mots qui nous paraissaient à lépoque bien banals : « En létat ».
Entre deux motions, la Dame aux drapeaux vient me dire que jétais doffice candidate au poste de déléguée nationale et que javais un quart dheure pour préparer un sketch de présentation. S’en suit un vote par acclamation, laventure FNUJA débute pour moi.
Laure, notre pacte sest poursuivi bien au-delà du Congrès. Plus quun binôme fédé, tu es devenue une amie fidèle. Un Marseillais (encore ) ta éloignée de nous quelques temps pour une belle aventure, mais je suis heureuse de te retrouver dans léquipe dassistance collab, où tu as beaucoup à nous apporter.
Laure me fait entrer dans son bureau, au poste de chargée de formation.
Lui succède Guillaume ISOUARD qui me propose dêtre sa vice-présidente. Deux années se suivent deux années de lutte sans merci pour que le mot « événement » soit écrit sur nos affiches avec deux accents aigues, et que nos motions le soient en justifié.
Plus sérieusement, Guillaume ta présidence est un tournant pour lUJA dAix-en-Provence, ta force de travail, tes compétences et ton ingéniosité donne une autre envergure à notre syndicat et une crédibilité accrue auprès de lOrdre.
Tu déclames la tirade des « Non, merci » de Cyrano en manifestation comme personne.
Guillaume, jai souvent pensé que la place que joccupe aujourdhui aurait dû être la tienne, et tes contributions lors de ce congrès le prouvent à nouveau. Mais le Conseil de lordre a fini par te voler à nous, et tes compétences sont aujourdhui mises au service de tout le barreau dAix. Tu réponds toutefois toujours présent lorsque la Fédération fait appel à toi, trop souvent dans lurgence, et ton soutien contribue au rayonnement de notre UJA.
Cest ensuite lannée de la présidence de lUJA, où le doux surnom de Bachar me sera attribué, sans justification aucune, dans la droite lignée de ceux qui mont précédé, notamment celle de Laurent SCIACQUA, surnommé le nazi.
Lannée de présidence permet de pérenniser les travaux débutés par mes prédécesseurs grâce à un bureau soudé et engagé, mais également par la présence dun Bâtonnier qui comprend que notre syndicat nest pas que le poil à gratter de son barreau, mais un soutien quil peut mobiliser. Monsieur le Bâtonnier Jean-Pierre RAYNE, Cher Bâtonnator, je ten remercie.
Parallèlement à lUJA, laventure Fédé se poursuit à la co-présidence de la commission pénale et libertés dabord, puis de la commission ad hoc avocat denfants.
Je fais également partie de la joyeuse équipe délus délégués nationaux CNBF pour la sixième année. Ce mandat ma beaucoup appris sur le fonctionnement de notre régime et de notre caisse.
Catheline, Leïla, Marion, Olivier, David, Lucie et tous les autres, nous nous sommes pris au jeu de ce mandat, et de nouveaux défis pour lesquels nous sommes aujourdhui prêts nous attendent.
Lucie TEYNIE, jai encore beaucoup à apprendre de toi, et je sais quen bonne Bordelaise tu sauras reprendre entièrement ma garde-robe. Je te promets de faire de cet ouvrage que tu mas offert ma bible, « Shabiller en politique : les vêtements des femmes au pouvoir 1936-2022 », tout en conservant toujours dans mon sac une paire de converses, au cas-où
Ta présence dans les moments de doute, en toute discrétion, ma toujours ramenée à la raison.
Pendant les 5 années passées au bureau de lUJA, la FNUJA et ses membres soutiennent chacune de nos actions et répondent présent à nos appels :
- Notre duo de Présidents dhonneur Romain CARAYOL et Anne-Lise LEBRETON viennent dispenser la caravane de la médiation,
- Alexandra BOSIRAME Présidente dhonneur, et Florent LOYSEAU de GRANDMAISON membre dhonneur, une formation sur la procédure dappel,
- Richard SEDILLOT nous fait le cadeau dun partenariat avec lUJA du Kassaï central quira concrétiser Marie-Dominique MOUSTARD en République Démocratique du CONGO,
- un certain « Pzykiatr Expert » interprété magnifiquement par Olivier CHARLES viendra pousser la chansonnette à La Nuit du Palais, la revue de notre Barreau,
- et chaque année notre Fédération soutient la présence des UJA dAIX-EN-PROVENCE et de MARSEILLE à la JURISCUP, qui, au-delà du plaisir de se retrouver pour régater et festoyer ensemble, est devenu un événement incontournable de la profession.
Aminata, mon amie, je sais que tu tes longtemps interrogée avant de le faire, craignant peut-être de menvoyer un message de sortie, mais cétait sans compter sur les planètes
Mars 2020, je mhabitue bon an mal an à mon statut de Président dhonneur de lUJA dAix. Et à lheure où la profession sessouffle dans le combat contre la Réforme des retraites et que la crise sanitaire est sur le point de bouleverser nos vies, un coup de fil viendra bouleverser la mienne : Simon WARYNSKI me fait savoir que le bureau souhaiterait que je rejoigne léquipe.
Je ne sais pas si la FNUJA avait besoin de moi ou si cest moi qui avais besoin delle, mais les retrouvailles furent intenses.
Jintègre le bureau en août 2020, pour une année a priori, mon âge ne me permettant pas doffrir plus despoir, mais cela na pour moi aucune importance. Un an, un mois de plus : peu importe, cest un cadeau inestimable.
Sous la présidence de Catheline MODAT, je découvre lenvers du décor. Catheline la travailleuse est attentive aux nouveaux : Niels BERNARDINI, Camille MANYA et moi. Elle explique, rassure et délègue. Merci Catheline de mavoir fait confiance en me confiant les yeux fermés la représentativité et la préparation du Jeunes Avocats Magazine notamment, jai beaucoup appris à tes côtés.
Ange-Aurore HUGON-VIVES et Caroline HERRY contribuent à un juste équilibre, elles sont la voix de la sagesse quand les débats nous dépassent, et parviennent en quelques mots à dénouer les situations.
Nejma LABIDI, tu le sais, tu es mon coup de cur de cette première année de bureau. Je découvre derrière ton sourire et ton humour une sensibilité dans laquelle je me retrouve, et nos confidences sont des soupapes de décompression indispensables.
Simon et Boris, votre fonctionnement au sein du bureau de la Fédé est rôdé, la machine tourne parfaitement.
Le congrès de LYON approche, les travaux de commission sont en cours, et une partie de mon esprit se prépare à quitter le bureau. Mais cétait sans compter les planètes Les planètes qui proposent à Ange-Aurore un projet quelle ne pouvait pas refuser, et qui mouvrent une voie inattendue vers la candidature que je porte aujourdhui.
Oui, Jean-Baptiste BLANC notre Président dhonneur a raison de me rappeler toutes les fois où nous nous voyons quil est aussi une pièce de léchiquier !
Bien quelle ne me fût évidemment pas destinée, la réforme des statuts de notre Fédération lors du Congrès de MARSEILLE en 2020, sous ta présidence Jean-Baptiste, et sous la plume de nos Belles-mères, permettra un an plus tard dimaginer linimaginable.
Il me faut quelques jours pour prendre conscience de ce que je suis en train de vivre, et je sais aussi combien cette décision, bien quelle te rende heureuse, a été difficile à prendre pour toi Ange.
Lors du comité électif de juillet, sous la nouvelle Présidence de Simon WARYNSKI, nous ne parvenons pas à nous regarder, lémotion est trop forte.
Mais il faut soutenir cette candidature près de toi malgré tout. Et cest ton sourire franc et tes enlacements qui me permettent daccepter le passage de relai.
Tu auras ces mots : « Fais en quelque chose ». Ange-Aurore, je ten fais aujourdhui solennellement la promesse.
Nous accueillons au bureau Pierre BRASQUIES et Axel CALVET, et Simon DUBOIS réintègre le bureau.
W « double you » gère les dossiers dune main de maitre, lEcole DULUCQ est passée par là. Tel le chef dorchestre, Simon tu diriges les membres du bureau, besogneux mais aux caractères affirmés. Notre doctrine est entre tes mains en sécurité et tu tiens ta promesse : tout sest bien passé.
Tu nous transmets une Fédé unie, un bureau soudé, et une doctrine engagée.
Tu vas rentrer ! retrouver ta famille et ton cabinet. Mais ne pars pas trop loin, jai encore besoin de toi.
Camille, Axel, Gaëlle et Pierre, pour nous laventure se poursuit, et je suis impatiente de partager lannée à venir à vos côtés.
Niels, ton travail et ton amour de la Fédé me manquent déjà. Nous te laissons partir, mais jespère te voir revenir pour accomplir de belles choses pour notre syndicat.
Dubois,
Tu as dabord été surpris que je tappelle ainsi, linterprétant comme une volonté de distance de ma part. Sil est vrai que je suis de nature méfiante, tu sais à présent que lorsque japostrophe par le nom, cest que le test est réussi.
Cette année, tu as su écouter, prendre du recul, échanger puis décider dans le seul intérêt de notre fédération.
Ta légitimité à prendre la direction de notre syndicat est incontestable, tant par ta force de travail que par ta maitrise de notre doctrine.
Je garderai évidemment ma liberté de parole que tu as toujours respectée. Mais sois assuré de mon entier soutien pour lannée à venir.
Comme tout bon plaideur jannonce que jen ai bientôt terminé. Des remerciements appuyés sont de rigueur, car ce parcours naurait pas été possible sans eux.
Benedicte, ma patiente et fidèle amie.
LUJA dAix-en-Provence te doit beaucoup.
Dabord parce que tu auras su tenir les finances de notre association dans des moments difficiles.
Ensuite parce que tu parviens à faire le lien entre les générations qui trouvent en toi un référent loyal.
Enfin parce que je ne pourrais pas faire sans ton amitié au quotidien depuis des années. Je suis honorée de ta présence à ce congrès, le premier pour toi excepté celui dAix-en-Provence, cest une preuve damitié dont je saisis la valeur.
Alexandra. Nous sommes faites du même bois, je ne vois pas dautre explication.
Nous avons tout vécu ensemble : des moments de bonheur exaltants, des fous rires enivrants, des colères constructives, mais aussi les plus grands malheurs. Comme Bénédicte, tu connais tout de ma vie et tu lis en moi comme dans un livre ouvert.
Tu es mon meilleur défenseur lorsque je me braque parfois, car tu sais combien la loyauté est pour moi lessentiel.
Il ny a pas de plus grande satisfaction que celle de savoir que nous allons partager cette aventure ensemble, jusquau bout, et que je pourrai toujours compter sur toi.
Je présente toutefois par avance toutes mes excuses à Romain pour les coups de fils interminables et les messages nocturnes à venir.
Mon UJA, lUJA dAix-en-Provence :
Je pense à tous ceux qui nous ont précédé et qui ont fait delle, tant sur le local que sur le national, une UJA incontournable et appréciée : Jérôme CAS, Nathalie DACLIN, Eléonore RUMANI, Olivier QUESNEAU, David TRAMIER, Vincent PENARD, Laurent SCIAQUA, François SUSINI, et les autres.
Je pense à ceux qui ont composé mon bureau : Marie-Dominique MOUSTARD, Pierre-Jean LAMBERT, Talissa FERRER BARBIERI, Radost VELEVA, Justine CEARD, et Jean-Baptiste DE GUBERNATIS.
Je pense à Pierre-Jean et son bureau. Votre présence, vos marques de soutien aujourdhui, me touchent profondément, et vos contributions dans les travaux de Congrès me confortent dans lidée que la relève est assurée.
Jen termine cette fois, vraiment.
Ma candidature à la première vice-présidence de notre syndicat na rien de stratégique. Elle est le fruit de rencontres, de travail, de fenêtres dopportunité, mais cétait aussi mon Mektoub, cétait écrit.
Et jaime à penser que parmi les planètes, deux étoiles veillent sur moi.
Alors oui jai peur, et je mesure les responsabilités que vous êtes susceptibles de me confier.
Mais quand je pense :
- à la capacité de mobilisation des Présidents dhonneur, gardiens de notre FNUJA,
- aux sacrifices des UJA de Saint-Malo, des Pyrénées Orientales, de Tarbes, de Guadeloupe et de Martinique pour toujours être présentes aux événements de notre syndicat,
- aux retours dUJA comme Rennes ou Dijon, ou à larrivée de nouvelles UJA comme Annecy ou Mulhouse,
- à la ferveur de lUJA de Lille,
- à la constance de lUJA de Lyon,
- à lenthousiasme de lUJA de Bordeaux,
- à la pugnacité de lUJA de Paris,
- à la passion de lUJA de Marseille,
- à la fidélité de lUJA de Strasbourg,
- à la solidarité des UJA de Couronne,
- à la force des UJA du Sud-Est,
- au dévouement sans faille de lUJA dAix-en-Provence,
- à la présence de toutes les UJA de notre fédération,
