Chers amis,
Le discours pour la première vice-présidence de la FNUJA est une sorte de rite cathartique tout à fait particulier.
Je lai longtemps trouvé étrange.
Quel est donc cet exercice de style où un membre du bureau, plus ou moins déjà connu de tous au sein du syndicat, parle, sans faire de politique, jamais, mais pour se confier, parfois, parler de lui, toujours ?
Cest un moment intime, mais aussi un peu narcissique, où loccasion est donnée à tous de cerner un peu mieux la personne qui va se placer durant un an dans lantichambre de la présidence.
Cest en vérité une belle tradition, le perpétuel renouvellement au sein de la FNUJA, gage de son éternel jeunesse qui fait sa force, nécessitant quon se connaisse mieux.
Le discours se veut un savant mélange de parcours scolaire, de cheminement au sein de la fédé, dhumour, de confessions intimes, mais aussi et surtout de flatteries pour les anciens présidents qui, sils ne sont pas cités, trouveront probablement le discours beaucoup trop long !
Commençons donc par parler de moi !
Jai vu le jour dans une famille de lest de la France, dans une petite ville bourgeoise, Colmar, le jour du 191ème anniversaire de la mort de Louis XVI.
Colmar, cest la ville de Bartholdi, le sculpteur, de Schongauer, le peintre mais aussi et surtout de Guy Roux.
On y mange bien, on y boit bien, on y grandit paisiblement.
Je vis une scolarité satisfaisante mais sans éclats, et connais une certaine popularité qui me permet doccuper le prestigieux poste de délégué de classe de la 5ème à la terminale !
Jai toutefois perdu lélection en 6ème, battu dune voix au second tour après une campagne lancée probablement trop tard dans la Cour de récréation.
Cétait là mon premier échec électoral.
Ma prime jeunesse est en réalité marquée par un engagement musical intensif.
Vous le savez, jen ai gardé un petit quelque chose aujourdhui.
Jai eu la chance, 10 années durant, de chanter dans une maitrise laïque, et consacrais donc tous mes après-midis à la formation musicale, le piano, le solfège, lhistoire de la musique, enchainant tournées en Alsace, partout en france et à létranger à un âge où les copains avaient bien dautres préoccupations que la musique classique.
Jai le sentiment davoir été privilégié, dêtre rentré avant lheure dans un milieu dadultes.
Un milieu professionnel exigeant, dont je garde le meilleur souvenir et qui ma probablement aidé pour la suite de ma scolarité et de mes études.
De la seconde à terminale, juse davantage les bancs de lécole de musique que ceux du lycée, en me consacrant au violon.
En effet, frustré par une mue qui ma fait passer dune très belle voix de soprano à une voix hybride de Baryton de fort mauvaise qualité, me laissant à peu près la possibilité de chanter au clair de la lune sans forcer ma voix, jai exprimé ce que javais à dire musicalement au travers de mon violon.
Fort de ce solide bagage musical, je décide donc tout naturellement de morienter vers des études de droit !
Pour ceux qui croient que mes parents ont voulu me mettre dans le droit chemin en me demandant de privilégier des études sérieuses à une faculté de musicologie qui maurait inexorablement mené à lintermittence, ils se trompent !
Bien au contraire, jai la chance davoir des parents qui nous ont toujours laissé, à mes deux frères et moi, une liberté totale dans nos choix professionnels et de vie, cultivant une fierté de nous voir réussir, chacun dans nos domaines respectifs, ne considérant jamais que des études ou des métiers valent mieux que dautres.
Oui, cest une chance davoir des parents dont le bonheur dépend avant tout de celui de leurs enfants.
Cest aussi une chance dêtre dans une fratrie soudée où chacun admire et respecte ce que fait lautre.
Cest en tout cas mon sentiment, et jéprouve à la fois fierté et admiration en voyant les chemins pris par Léo et Hugo, lun chef dorchestre, lautre vidéaste.
Alors, pourquoi le droit en ce qui me concerne ?
Ce choix ne sest pas du tout imposé comme une évidence.
On me voyait là plus que je my voyais moi-même.
« On », ce sont mes professeurs et mes amis.
Parce que jétais bon à loral, grande gueule, et délégué de classe, jétais donc, affublé de ces trois caractéristiques, prédestiné à une grande carrière davocat
Jy trouvais mon compte, me disant que je mêlerais lutile à lagréable, en faisant plus tard de la propriété littéraire et artistique.
Je passais mes deux premières années duniversité en faisant en parallèle une classe préparatoire à lEcole Normale Supérieure de Cachan.
A ma grande surprise, je réussis ladmissibilité mais pour le grand oral je tire comme sujet : « la transformation de la Commission des opérations en Bourse en Autorité des marchés financiers ».
Gratifié dun 2/20, mon parcours dans une grande école parisienne sarrête prématurément.
Jai donc cheminé en droit, sans grande passion.
Joccupe mon temps libre.
Je participe à la création dune association des arts des universités de Strasbourg, aux côtés notamment dAnaïs FUCHS, dont je fais la connaissance. Nous nous sommes depuis lors suivis dans nos mandats et engagements respectifs.
En deuxième année, je monte une liste aux élections du conseil de luniversité.
Sans aucun programme, je crois que nous avons eu autant de voix que de membres qui composaient la liste.
Cétait mon deuxième échec électoral.
Je garde cependant une fierté quant au nom que nous avions trouvé : REUNIRS pour Rassemblement des Etudiants de lUNIversité Robert Schumann.
Cest en master 2 que mes études de droit ont finalement pris tout leur sens, ayant eu la chance dintégrer le Centre des Etudes Internationales de la Propriété Intellectuelle (le CEIPI), où jai passé une année tout à fait passionnante, par la qualité remarquable de la formation et les amis que jy ai rencontré.
Cest là que jai décidé dêtre avocat, poussé par un maitre de stage à Paris, qui avait pour habitude de me dire que « ne pas tout réussir, cétait tout rater ». Je crois, aujourdhui, quil avait tort.
Je passe mon examen à Strasbourg, mais souhaite faire lécole à lEFB, fermement convaincu, comme tout provincial qui quitte le cocon familial, quil ny a que Paris en France.
Paris ne veut décidément pas de moi et je reste donc à Strasbourg, deuxième promotion de lERAGE nouvellement créée.
Je deviens tout naturellement Président de lassociation des étudiants, poste très en vue auquel jaccède après tirage au sort entre un certain Charles-Edouard Pelletier et moi-même.
Charlou, mon ami, je crois que tu sais plus que quiconque que le tirage au sort nest pas fait pour toi !
Nous avons ainsi organisé le premier gala de lécole, totalement dispendieux, mais fédérateur dune promotion que jai beaucoup aimée.
Cest à lERAGE que japprends lexistence de la FNUJA, avant même celle de mon UJA.
Soutenus par la fédé, quelques élèves avocats ont lidée de créer une fédération nationale des élèves avocats.
Le 28 juin 2008, la FNEA est créée entre 7 représentants des 11 écoles, ce qui nous vaut un article dans le JAM.
Je crois que cest là notre seul fait de gloire, la brièveté du passage à lécole hors PPI et stage nayant pas laissé suffisamment de temps pour lancer de véritable projet, si ce nest peut-être lélaboration dun questionnaire/sondage auprès des élèves avocats qui a eu un certain écho.
Je ne sais pas si la FNEA existe encore et surtout si le tournoi de foot inter école que Pierre-Emmanuel BAROIS et moi-même souhaitions créer a pu voir le jour.
Je garde de cette aventure une rencontre, loin dêtre anodine, avec une personnalité marquante et qui fut déterminante pour mon intégration à la FNUJA, Sandrine VARA. Ton franc parlé Sandrine, mais surtout ton sens profond de lengagement, mont inspiré.
Je pars ensuite aux Etats-Unis, à Washington, en PPI, où je vis avec une certaine excitation la campagne puis lélection de Barack OBAMA.
Je rentre en France et fais mon stage à Paris dans un cabinet spécialisé en propriété intellectuelle.
Je cherche alors une collaboration dans la capitale.
Je trouve donc tout naturellement une collaboration à Strasbourg.
Mon collaborant sappelle Michel MALL.
Il a la réputation dêtre très exigeant avec ses collaborateurs.
Jy trouve là un véritable formateur mais qui ma appris le métier.
Ce sera ma seule collaboration, qui aura duré 4 ans.
Jy fais mes armes, japprends à aimer ce métier et japprends à facturer !
Jaffine mes compétences en propriété intellectuelle et jy rencontre une stagiaire, dont je suis loin de me douter quelle sera la rencontre la plus déterminante de mon existence.
Cette stagiaire deviendra avocate puis un peu plus tard mon associée au sein du cabinet AMADEUS, créé sous un autre nom en janvier 2014.
Comme cette nouvelle associée connaissait parfaitement ma compétence pointue en propriété intellectuelle, nous avons donc décidé, fort logiquement, de nous spécialiser dans le droit des transports, ce que nous faisons toujours aujourdhui.
A ce stade du discours, je tiens à garder secret son identité !
Venons-en à lUJA.
Je ne sais plus comment jy rentre.
Je ne crois pas quon soit venu me chercher. Jy vais de mon gré.
Emmanuel RODRIGUEZ en est le Président.
Jy rencontre notamment Olivier, Christophe et Anne-Ségolène qui mon tout de suite pris sous leur aile.
Je suis incapable de vous dire de quoi on y parle, et ce quon y fait exactement à lépoque, mais japprends à connaitre la vie institutionnelle de mon métier, les luttes du moment et les ragots du barreau !
Je me présente rapidement en tant que représentant jeune barreau au conseil de lordre où se présentent, comme cela narrive jamais à Strasbourg, plusieurs candidats.
Je vis là mon troisième et dernier échec électoral.
Japprends quil ne suffit donc pas dêtre à lUJA pour être élu !
Japprends lexistence dune des plus belles traditions du barreau français et en particulier des UJA, la revue.
Un spectacle satirique, où lon tire à boulet rouge sur notre ministre, les confrères, les magistrats, avec humour, sarcasme, esprit critique, mêlant sketchs et chansons détournées.
Une tradition qui est dans lADN de notre profession : lindépendance et la liberté totale de parole. Un moyen dexpression formidable, propre aux avocats.
Je fais ma première revue sous la direction dOlivier Charles, qui ma indubitablement donné mes plus beaux rôles, où jincarne le Président de la CARPA dalors, que je ne connais pas !
Jenchaine avec une reprise du poinçonneur des Lilas, devenu pour l’occasion lavocat doffice.
Laventure revue est lancée et elle me permettra de vivre des moments dexception, que ce soit avec mon UJA, à la FNUJA et, en guise de point dorgue, la revue des revues de la convention nationale de Bordeaux.
Jouer du violon devant un parterre davocats de 5.000 personnes était une première.
Et que dire de la revue de presse satirique du CNB faite aux côtés de Camille MAURY mais surtout de Richard SEDILLOT, dont lintelligence et lengagement me fascinent.
Richard, ton amitié mhonore.
La revue fait naitre de forts liens damitiés et des rencontres marquantes, je pense notamment à Nicolas, Alexandre, Denis, Stéphane, dont la qualité décriture ne cesse de mimpressionner.
La FNUJA.
Mon premier véritable contact avec la FNUJA fut la rencontre avec Romain CARAYOL, à loccasion de son fameux maillage territorial.
On mavait fait lhonneur de faire partie de la délégation daccueil du président de la FNUJA à Strasbourg, qui venait faire une intervention devant les étudiants de lERAGE.
Je mattendais à le voir débarquer avec son chef de cabinet, le service du protocole, et des gardes du corps.
Il est venu seul.
Jétais habillé ce jour-là dun polo blanc qui me valut cette petite phrase sarcastique de Romain : « tu as golf ou tennis cet après-midi ? ».
Laventure fédé était lancée.
En tout cas, polo blanc ou pas, Romain sest souvenu de moi et de mon prénom, ce qui ma toujours flatté lors de mes premiers comités où jétais un illustre inconnu.
Mon premier comité en ma qualité de délégué FNUJA de lUJA de Strasbourg sest tenu à Lyon, où jai été pris sous laile bienveillante de Carine MONZAT.
Elle me confiait dailleurs les clés de la maison de lavocat du barreau de Lyon, avec lesquels je suis tout simplement rentré à lhôtel en oubliant de les lui restituer.
Je me faisais ainsi connaitre, malgré moi.
Mon premier ressenti aux premiers comités était à peu près le même que celui quAlexandra BOISRAME avait exprimé dans son discours de première vice-présidente : je ne comprenais pas un traitre un mot de qui se disait, mais cela avait toujours lair de discussions de la plus haute importance.
Il faut du temps pour comprendre le fonctionnement de la FNUJA et sy faire entendre.
Cest un peu comme une arrivée en Alsace.
Au début, on ne parle pas le dialecte, les gens sont dans leurs habitudes et on ne comprend pas bien les us et coutumes.
Progressivement, de comité en comité, de congrès en congrès, daventures en aventures (!), on apprend, on rencontre et on se fait définitivement adopter.
Je regardais les membres du bureau comme des extraterrestres.
Le bureau était une chose un peu inaccessible et mystérieuse.
Jétais à la fois impressionné et curieux de savoir ce qui sy faisait vraiment, tout en me disant que ce ne serait jamais pour moi.
Le congrès de Nantes, chère Anne-Lise, aura été déterminant.
Me voilà parachuté rapporteur sur le sujet le plus fédérateur de notre syndicat et de notre profession : lavocat en entreprise, aux côté dune Marie VENGHELLE remontée comme un coucou.
Le travail en commission sest résumé en un défilé de membres dhonneurs et de présidents dhonneurs, qui introduisaient tous leurs propos de manière péremptoire. Ca ressemblait un peu à ça « Simon, tu sais, nous navons de toute façon pas dautre choix que dadopter tel ou tel position ».
Javais envie de leur donner tous raison.
Cest finalement une motion « EXERCICE DE LA PROFESSION D’AVOCAT AU SEIN DE L’ENTREPRISE » qui est née, après trois heures de débats sur lajout ou non de la formule « en létat ».
Jai pris de plus en plus de plaisir à venir débattre, à discuter avec des confrères pour qui lengagement est un devoir, le débat une nécessité.
Toutes les fois où la profession me laissent dans le doute, la fatigue, linquiétude, un comité de la FNUJA me redonne systématiquement espoir et surtout lenvie de continuer dexercer notre profession et de la défendre.
Au comité décentralisé de Nice, tout bascule.
La personne au plus bel accent chantant de notre fédération est venue me voir en me disant : « Simon, tu es un fidèle de la fédé, les gens taiment bien, je te vois bien monter au bureau ».
Cétait Stéphanie BALESPOUEY, de lUJA de Tarbes. Je vous assure que lidée de mavait pas effleuré lesprit, mais jétais infiniment touché quon me le suggère.
Je crois que ma décision a été immédiatement prise de tenter ma chance.
Je fais part de mon envie lors du congrès de Nancy.
Je connais alors le même défilé de membres dhonneurs et de présidents dhonneurs quà Nantes !
Jai manifestement bravé les usages, je nai pas appelé préalablement les bonnes personnes.
Tantôt on me dissuade, tantôt on mencourage.
Japprends que nous sommes deux à nous présenter.
La campagne se fera de manière respectueuse, saine et amical, sans guerre dopinions et sans dissension, avec la seule envie irrépressible de faire partie du bureau.
Aujourdhui, nous avons la chance dy siéger ensemble.
Laventure bureau était lancée.
La première année est compliquée.
Je peine à trouver mes marques. Cest une année de transition, parasitée par le montage du dossier sur la représentativité.
Jai tout de même la chance à la fin de lannée 2016 de connaitre un comité décentralisé dans ma ville, organisée par mon UJA que jai encore, à ce moment-là, la chance de présider.
Nous étions 120 participants, et le comité de lUJA de Strasbourg-Saverne avait fait un travail exceptionnel, une organisation au métronome, avec une rigueur toute alsacienne.
Lors de ma deuxième année de bureau, année de campagne au CNB, je découvre à quel point le travail au bureau est exaltant, avec en apothéose, la convention nationale de Bordeaux .
Une déferlante de drapeaux jaunes et bleus dans les tribunes et une Alexandra déchainée interpellant notre premier ministre – quelle trouve à lépoque beau – et notre ministre de la Justice, qui semble vouloir nous écouter.
Nous étions loin, à ce moment précis, de nous douter des attaques que subiraient notre profession par la suite.
Alexandra, tu fais partie de ces présidents, tout comme Roland, cher à mon cur, que la fonction de président de la FNUJA a transcendé. Votre engagement, votre force de conviction, pendant vos années de présidence ont été exemplaires.
Tout comme les présidents qui tont succédé, Alexandra, tu as eu à cur de donner à tous les membres du bureau une participation active à la vie politique de notre syndicat, en conviant chacun dentre-nous à venir nous exprimer à vos côtés lors des tribunes qui nous sont régulièrement données, à lassemblée nationale, à la chancellerie, au CNB.
Nous sommes devenus, tous les deux, et grâce à le-learning, les stars des élèves avocats, qui rêvent, grâce à nous, dassociation, de transmission de clientèle réussie, de structures dexercices fructueuses.
Comment oublier cet après-midi denregistrement, dans une chaleur à crever et en complète improvisation ?
Viens ma troisième année de bureau.
Aminata, véritable selfmadewoman, notre audition devant la commission des lois sur laide juridictionnelle était un grand moment, toi déambulant dans les couloirs de lassemblée nationale avec une aisance déconcertante, à côté dun Simon quelque peu intimidé.
Te voilà désormais au conseil municipal de Paris. Bravo.
Merci Aminata de nous avoir emmenés au Sénégal. La visite de lIle de Gorée est un souvenir marquant et douloureux à la fois.
Avec Jean-Baptiste, nous avons pleuré, saisis par le contraste entre la beauté du lieu et une histoire épouvantable trois fois centenaire.
Ces moments sont importants, et fondent une existence.
Une nouvelle année allait ensuite souvrir, une année de combat et de crises que personne ne pouvait prédire.
Tout se présentait pourtant sous les meilleures auspices.
La FNUJA, par ces élus au CNB, avait fait un travail remarquable et remarqué, dont il a été rendu compte aux Etats généraux de la profession davocat.
Des chantiers étaient ouverts et notre nouveau président avait la volonté, que je partage, de nous réinventer, de rendre nos cabinets plus compétitifs et de semparer, nous avocats, du marché du digital.
Si la réforme des retraites est passée par là et que le COVID a bousculé ton agenda, je suis convaincu que les futurs présidents de notre syndicat nenterreront pas ces sujets, puisque cest notre présent et notre avenir.
La lutte acharnée contre la réforme des retraites, Jean-Baptiste, tu las menée, main dans la main avec Catheline, et avec quelle force !
Vous y avez passé des journées, des nuits, des week-ends, avec une équipe dacharnée qui, avec minutie, démontant un à un les soi-disant bienfaits dune réforme profondément injuste.
Jai tenté de contribuer comme je le pouvais, mais cest à vous deux quil faut reconnaitre le mérite de cette lutte acharnée.
Jen ai presque fini.
Je me présente devant vous pour lélection à la première vice-présidence de la FNUJA.
Pour nimporte quel candidat, cest un moment important, mais encore plus pour le strasbourgeois que je suis.
Jamais un Strasbourgeois na eu le privilège daccéder à la fonction de PVP.
LUJA de Strasbourg est pourtant une des UJA fondatrice, présente dès 1947.
Cest la conséquence dun travail acharné de cette UJA, celle de Strasbourg-Saverne, seule UJA interbarreaux, qui travaille sans relâche, pour la FNUJA, depuis de nombreuses années au sein des commissions.
Jaime profondément mon UJA qui seule me permet dêtre à cette place aujourdhui.
Je suis fier delle et lui serai toujours fidèle.
Pour ne citer que les présidents : Olivier, Christophe, Anaïs, Charles-Edouard, et, je lespère bientôt Anne, merci infiniment dêtre à mes côtés aujourdhui.
Merci aussi à mes amis et sources dinspirations rencontrés à la FNUJA, avec une pensée particulière pour Mathieu Dulucq.
Tu es en premier lieu le dernier président de lEst, et cest un cas rare !
Ton discours de première vice-présidence est intacte dans ma mémoire.
Nous sommes deux épicuriens, amoureux de la bonne chair, des bons flacons et de la bonne musique, celle davant les années 1990, mais sommes aussi parfois des confidents. Que cela ne change pas, jen fait le souhait.
Je vous parlais avant dune stagiaire, devenue mon associée.
Anne, tu es également mon épouse et la mère de mes enfants.
Roman, Gabin, Salomé et César sont autant de preuves de notre amour.
Et si le premier ne sera pas le témoin de notre avenir, il aura fait de nous deux, en une trop courte existence, un roc indestructible.
Tu incarnes à la fois la beauté, lintelligence, et la force.
Tu as suivi mes engagements, non pas en les subissant mais en étant partie prenante à tout, me soutenant sans réserve, dans la radio que je préside, dans la musique, au conseil de lordre et au bureau de la FNUJA.
Je suis fier du travail que tu as accompli au CNB.
Tu as pris ce mandat très au sérieux, si bien quau CNB, je suis devenu Monsieur KRUMMEL !
Sache que notre famille restera toujours mon sanctuaire, ma priorité.
Il me reste quelques mots à dire à mes compagnons de route les plus proches.
Jean-Baptiste, tout simplement merci.
Jai passé des années merveilleuses à tes côtés.
Nous sommes différents et paradoxalement nous nous ressemblons beaucoup.
Dans nos chemins de vie, dans nos parcours, dans nos idées. Nous avons ri, pleuré, débattu, nous avons bu, et refait le monde.
Ton départ va me laisser un vide, tu le sais.
Je suis un nostalgique et je déteste les fins, quels quelles soient, mais je me dis toujours que lavenir sera différent, mais beau.
Catheline, jai hâte que nous nous mettions tous les deux au travail. Ta force de travail et ta maitrise des sujets forcent ladmiration.
Ta bienveillance est sans égal, en particulier à mon égard. Nous avons, je crois, un profond respect mutuel, et nous sommes complémentaires.
Cette année sera grande.
Je veillerai, pour ma part, si vous maccordez votre confiance, à ce que notre syndicat reste ce quil est : un espace de débats, de défense, découte, de propositions, denthousiasmes et damitiés.
Je vous remercie.
Le discours pour la première vice-présidence de la FNUJA est une sorte de rite cathartique tout à fait particulier.
Je lai longtemps trouvé étrange.
Quel est donc cet exercice de style où un membre du bureau, plus ou moins déjà connu de tous au sein du syndicat, parle, sans faire de politique, jamais, mais pour se confier, parfois, parler de lui, toujours ?
Cest un moment intime, mais aussi un peu narcissique, où loccasion est donnée à tous de cerner un peu mieux la personne qui va se placer durant un an dans lantichambre de la présidence.
Cest en vérité une belle tradition, le perpétuel renouvellement au sein de la FNUJA, gage de son éternel jeunesse qui fait sa force, nécessitant quon se connaisse mieux.
Le discours se veut un savant mélange de parcours scolaire, de cheminement au sein de la fédé, dhumour, de confessions intimes, mais aussi et surtout de flatteries pour les anciens présidents qui, sils ne sont pas cités, trouveront probablement le discours beaucoup trop long !
Commençons donc par parler de moi !
Jai vu le jour dans une famille de lest de la France, dans une petite ville bourgeoise, Colmar, le jour du 191ème anniversaire de la mort de Louis XVI.
Colmar, cest la ville de Bartholdi, le sculpteur, de Schongauer, le peintre mais aussi et surtout de Guy Roux.
On y mange bien, on y boit bien, on y grandit paisiblement.
Je vis une scolarité satisfaisante mais sans éclats, et connais une certaine popularité qui me permet doccuper le prestigieux poste de délégué de classe de la 5ème à la terminale !
Jai toutefois perdu lélection en 6ème, battu dune voix au second tour après une campagne lancée probablement trop tard dans la Cour de récréation.
Cétait là mon premier échec électoral.
Ma prime jeunesse est en réalité marquée par un engagement musical intensif.
Vous le savez, jen ai gardé un petit quelque chose aujourdhui.
Jai eu la chance, 10 années durant, de chanter dans une maitrise laïque, et consacrais donc tous mes après-midis à la formation musicale, le piano, le solfège, lhistoire de la musique, enchainant tournées en Alsace, partout en france et à létranger à un âge où les copains avaient bien dautres préoccupations que la musique classique.
Jai le sentiment davoir été privilégié, dêtre rentré avant lheure dans un milieu dadultes.
Un milieu professionnel exigeant, dont je garde le meilleur souvenir et qui ma probablement aidé pour la suite de ma scolarité et de mes études.
De la seconde à terminale, juse davantage les bancs de lécole de musique que ceux du lycée, en me consacrant au violon.
En effet, frustré par une mue qui ma fait passer dune très belle voix de soprano à une voix hybride de Baryton de fort mauvaise qualité, me laissant à peu près la possibilité de chanter au clair de la lune sans forcer ma voix, jai exprimé ce que javais à dire musicalement au travers de mon violon.
Fort de ce solide bagage musical, je décide donc tout naturellement de morienter vers des études de droit !
Pour ceux qui croient que mes parents ont voulu me mettre dans le droit chemin en me demandant de privilégier des études sérieuses à une faculté de musicologie qui maurait inexorablement mené à lintermittence, ils se trompent !
Bien au contraire, jai la chance davoir des parents qui nous ont toujours laissé, à mes deux frères et moi, une liberté totale dans nos choix professionnels et de vie, cultivant une fierté de nous voir réussir, chacun dans nos domaines respectifs, ne considérant jamais que des études ou des métiers valent mieux que dautres.
Oui, cest une chance davoir des parents dont le bonheur dépend avant tout de celui de leurs enfants.
Cest aussi une chance dêtre dans une fratrie soudée où chacun admire et respecte ce que fait lautre.
Cest en tout cas mon sentiment, et jéprouve à la fois fierté et admiration en voyant les chemins pris par Léo et Hugo, lun chef dorchestre, lautre vidéaste.
Alors, pourquoi le droit en ce qui me concerne ?
Ce choix ne sest pas du tout imposé comme une évidence.
On me voyait là plus que je my voyais moi-même.
« On », ce sont mes professeurs et mes amis.
Parce que jétais bon à loral, grande gueule, et délégué de classe, jétais donc, affublé de ces trois caractéristiques, prédestiné à une grande carrière davocat
Jy trouvais mon compte, me disant que je mêlerais lutile à lagréable, en faisant plus tard de la propriété littéraire et artistique.
Je passais mes deux premières années duniversité en faisant en parallèle une classe préparatoire à lEcole Normale Supérieure de Cachan.
A ma grande surprise, je réussis ladmissibilité mais pour le grand oral je tire comme sujet : « la transformation de la Commission des opérations en Bourse en Autorité des marchés financiers ».
Gratifié dun 2/20, mon parcours dans une grande école parisienne sarrête prématurément.
Jai donc cheminé en droit, sans grande passion.
Joccupe mon temps libre.
Je participe à la création dune association des arts des universités de Strasbourg, aux côtés notamment dAnaïs FUCHS, dont je fais la connaissance. Nous nous sommes depuis lors suivis dans nos mandats et engagements respectifs.
En deuxième année, je monte une liste aux élections du conseil de luniversité.
Sans aucun programme, je crois que nous avons eu autant de voix que de membres qui composaient la liste.
Cétait mon deuxième échec électoral.
Je garde cependant une fierté quant au nom que nous avions trouvé : REUNIRS pour Rassemblement des Etudiants de lUNIversité Robert Schumann.
Cest en master 2 que mes études de droit ont finalement pris tout leur sens, ayant eu la chance dintégrer le Centre des Etudes Internationales de la Propriété Intellectuelle (le CEIPI), où jai passé une année tout à fait passionnante, par la qualité remarquable de la formation et les amis que jy ai rencontré.
Cest là que jai décidé dêtre avocat, poussé par un maitre de stage à Paris, qui avait pour habitude de me dire que « ne pas tout réussir, cétait tout rater ». Je crois, aujourdhui, quil avait tort.
Je passe mon examen à Strasbourg, mais souhaite faire lécole à lEFB, fermement convaincu, comme tout provincial qui quitte le cocon familial, quil ny a que Paris en France.
Paris ne veut décidément pas de moi et je reste donc à Strasbourg, deuxième promotion de lERAGE nouvellement créée.
Je deviens tout naturellement Président de lassociation des étudiants, poste très en vue auquel jaccède après tirage au sort entre un certain Charles-Edouard Pelletier et moi-même.
Charlou, mon ami, je crois que tu sais plus que quiconque que le tirage au sort nest pas fait pour toi !
Nous avons ainsi organisé le premier gala de lécole, totalement dispendieux, mais fédérateur dune promotion que jai beaucoup aimée.
Cest à lERAGE que japprends lexistence de la FNUJA, avant même celle de mon UJA.
Soutenus par la fédé, quelques élèves avocats ont lidée de créer une fédération nationale des élèves avocats.
Le 28 juin 2008, la FNEA est créée entre 7 représentants des 11 écoles, ce qui nous vaut un article dans le JAM.
Je crois que cest là notre seul fait de gloire, la brièveté du passage à lécole hors PPI et stage nayant pas laissé suffisamment de temps pour lancer de véritable projet, si ce nest peut-être lélaboration dun questionnaire/sondage auprès des élèves avocats qui a eu un certain écho.
Je ne sais pas si la FNEA existe encore et surtout si le tournoi de foot inter école que Pierre-Emmanuel BAROIS et moi-même souhaitions créer a pu voir le jour.
Je garde de cette aventure une rencontre, loin dêtre anodine, avec une personnalité marquante et qui fut déterminante pour mon intégration à la FNUJA, Sandrine VARA. Ton franc parlé Sandrine, mais surtout ton sens profond de lengagement, mont inspiré.
Je pars ensuite aux Etats-Unis, à Washington, en PPI, où je vis avec une certaine excitation la campagne puis lélection de Barack OBAMA.
Je rentre en France et fais mon stage à Paris dans un cabinet spécialisé en propriété intellectuelle.
Je cherche alors une collaboration dans la capitale.
Je trouve donc tout naturellement une collaboration à Strasbourg.
Mon collaborant sappelle Michel MALL.
Il a la réputation dêtre très exigeant avec ses collaborateurs.
Jy trouve là un véritable formateur mais qui ma appris le métier.
Ce sera ma seule collaboration, qui aura duré 4 ans.
Jy fais mes armes, japprends à aimer ce métier et japprends à facturer !
Jaffine mes compétences en propriété intellectuelle et jy rencontre une stagiaire, dont je suis loin de me douter quelle sera la rencontre la plus déterminante de mon existence.
Cette stagiaire deviendra avocate puis un peu plus tard mon associée au sein du cabinet AMADEUS, créé sous un autre nom en janvier 2014.
Comme cette nouvelle associée connaissait parfaitement ma compétence pointue en propriété intellectuelle, nous avons donc décidé, fort logiquement, de nous spécialiser dans le droit des transports, ce que nous faisons toujours aujourdhui.
A ce stade du discours, je tiens à garder secret son identité !
Venons-en à lUJA.
Je ne sais plus comment jy rentre.
Je ne crois pas quon soit venu me chercher. Jy vais de mon gré.
Emmanuel RODRIGUEZ en est le Président.
Jy rencontre notamment Olivier, Christophe et Anne-Ségolène qui mon tout de suite pris sous leur aile.
Je suis incapable de vous dire de quoi on y parle, et ce quon y fait exactement à lépoque, mais japprends à connaitre la vie institutionnelle de mon métier, les luttes du moment et les ragots du barreau !
Je me présente rapidement en tant que représentant jeune barreau au conseil de lordre où se présentent, comme cela narrive jamais à Strasbourg, plusieurs candidats.
Je vis là mon troisième et dernier échec électoral.
Japprends quil ne suffit donc pas dêtre à lUJA pour être élu !
Japprends lexistence dune des plus belles traditions du barreau français et en particulier des UJA, la revue.
Un spectacle satirique, où lon tire à boulet rouge sur notre ministre, les confrères, les magistrats, avec humour, sarcasme, esprit critique, mêlant sketchs et chansons détournées.
Une tradition qui est dans lADN de notre profession : lindépendance et la liberté totale de parole. Un moyen dexpression formidable, propre aux avocats.
Je fais ma première revue sous la direction dOlivier Charles, qui ma indubitablement donné mes plus beaux rôles, où jincarne le Président de la CARPA dalors, que je ne connais pas !
Jenchaine avec une reprise du poinçonneur des Lilas, devenu pour l’occasion lavocat doffice.
Laventure revue est lancée et elle me permettra de vivre des moments dexception, que ce soit avec mon UJA, à la FNUJA et, en guise de point dorgue, la revue des revues de la convention nationale de Bordeaux.
Jouer du violon devant un parterre davocats de 5.000 personnes était une première.
Et que dire de la revue de presse satirique du CNB faite aux côtés de Camille MAURY mais surtout de Richard SEDILLOT, dont lintelligence et lengagement me fascinent.
Richard, ton amitié mhonore.
La revue fait naitre de forts liens damitiés et des rencontres marquantes, je pense notamment à Nicolas, Alexandre, Denis, Stéphane, dont la qualité décriture ne cesse de mimpressionner.
La FNUJA.
Mon premier véritable contact avec la FNUJA fut la rencontre avec Romain CARAYOL, à loccasion de son fameux maillage territorial.
On mavait fait lhonneur de faire partie de la délégation daccueil du président de la FNUJA à Strasbourg, qui venait faire une intervention devant les étudiants de lERAGE.
Je mattendais à le voir débarquer avec son chef de cabinet, le service du protocole, et des gardes du corps.
Il est venu seul.
Jétais habillé ce jour-là dun polo blanc qui me valut cette petite phrase sarcastique de Romain : « tu as golf ou tennis cet après-midi ? ».
Laventure fédé était lancée.
En tout cas, polo blanc ou pas, Romain sest souvenu de moi et de mon prénom, ce qui ma toujours flatté lors de mes premiers comités où jétais un illustre inconnu.
Mon premier comité en ma qualité de délégué FNUJA de lUJA de Strasbourg sest tenu à Lyon, où jai été pris sous laile bienveillante de Carine MONZAT.
Elle me confiait dailleurs les clés de la maison de lavocat du barreau de Lyon, avec lesquels je suis tout simplement rentré à lhôtel en oubliant de les lui restituer.
Je me faisais ainsi connaitre, malgré moi.
Mon premier ressenti aux premiers comités était à peu près le même que celui quAlexandra BOISRAME avait exprimé dans son discours de première vice-présidente : je ne comprenais pas un traitre un mot de qui se disait, mais cela avait toujours lair de discussions de la plus haute importance.
Il faut du temps pour comprendre le fonctionnement de la FNUJA et sy faire entendre.
Cest un peu comme une arrivée en Alsace.
Au début, on ne parle pas le dialecte, les gens sont dans leurs habitudes et on ne comprend pas bien les us et coutumes.
Progressivement, de comité en comité, de congrès en congrès, daventures en aventures (!), on apprend, on rencontre et on se fait définitivement adopter.
Je regardais les membres du bureau comme des extraterrestres.
Le bureau était une chose un peu inaccessible et mystérieuse.
Jétais à la fois impressionné et curieux de savoir ce qui sy faisait vraiment, tout en me disant que ce ne serait jamais pour moi.
Le congrès de Nantes, chère Anne-Lise, aura été déterminant.
Me voilà parachuté rapporteur sur le sujet le plus fédérateur de notre syndicat et de notre profession : lavocat en entreprise, aux côté dune Marie VENGHELLE remontée comme un coucou.
Le travail en commission sest résumé en un défilé de membres dhonneurs et de présidents dhonneurs, qui introduisaient tous leurs propos de manière péremptoire. Ca ressemblait un peu à ça « Simon, tu sais, nous navons de toute façon pas dautre choix que dadopter tel ou tel position ».
Javais envie de leur donner tous raison.
Cest finalement une motion « EXERCICE DE LA PROFESSION D’AVOCAT AU SEIN DE L’ENTREPRISE » qui est née, après trois heures de débats sur lajout ou non de la formule « en létat ».
Jai pris de plus en plus de plaisir à venir débattre, à discuter avec des confrères pour qui lengagement est un devoir, le débat une nécessité.
Toutes les fois où la profession me laissent dans le doute, la fatigue, linquiétude, un comité de la FNUJA me redonne systématiquement espoir et surtout lenvie de continuer dexercer notre profession et de la défendre.
Au comité décentralisé de Nice, tout bascule.
La personne au plus bel accent chantant de notre fédération est venue me voir en me disant : « Simon, tu es un fidèle de la fédé, les gens taiment bien, je te vois bien monter au bureau ».
Cétait Stéphanie BALESPOUEY, de lUJA de Tarbes. Je vous assure que lidée de mavait pas effleuré lesprit, mais jétais infiniment touché quon me le suggère.
Je crois que ma décision a été immédiatement prise de tenter ma chance.
Je fais part de mon envie lors du congrès de Nancy.
Je connais alors le même défilé de membres dhonneurs et de présidents dhonneurs quà Nantes !
Jai manifestement bravé les usages, je nai pas appelé préalablement les bonnes personnes.
Tantôt on me dissuade, tantôt on mencourage.
Japprends que nous sommes deux à nous présenter.
La campagne se fera de manière respectueuse, saine et amical, sans guerre dopinions et sans dissension, avec la seule envie irrépressible de faire partie du bureau.
Aujourdhui, nous avons la chance dy siéger ensemble.
Laventure bureau était lancée.
La première année est compliquée.
Je peine à trouver mes marques. Cest une année de transition, parasitée par le montage du dossier sur la représentativité.
Jai tout de même la chance à la fin de lannée 2016 de connaitre un comité décentralisé dans ma ville, organisée par mon UJA que jai encore, à ce moment-là, la chance de présider.
Nous étions 120 participants, et le comité de lUJA de Strasbourg-Saverne avait fait un travail exceptionnel, une organisation au métronome, avec une rigueur toute alsacienne.
Lors de ma deuxième année de bureau, année de campagne au CNB, je découvre à quel point le travail au bureau est exaltant, avec en apothéose, la convention nationale de Bordeaux .
Une déferlante de drapeaux jaunes et bleus dans les tribunes et une Alexandra déchainée interpellant notre premier ministre – quelle trouve à lépoque beau – et notre ministre de la Justice, qui semble vouloir nous écouter.
Nous étions loin, à ce moment précis, de nous douter des attaques que subiraient notre profession par la suite.
Alexandra, tu fais partie de ces présidents, tout comme Roland, cher à mon cur, que la fonction de président de la FNUJA a transcendé. Votre engagement, votre force de conviction, pendant vos années de présidence ont été exemplaires.
Tout comme les présidents qui tont succédé, Alexandra, tu as eu à cur de donner à tous les membres du bureau une participation active à la vie politique de notre syndicat, en conviant chacun dentre-nous à venir nous exprimer à vos côtés lors des tribunes qui nous sont régulièrement données, à lassemblée nationale, à la chancellerie, au CNB.
Nous sommes devenus, tous les deux, et grâce à le-learning, les stars des élèves avocats, qui rêvent, grâce à nous, dassociation, de transmission de clientèle réussie, de structures dexercices fructueuses.
Comment oublier cet après-midi denregistrement, dans une chaleur à crever et en complète improvisation ?
Viens ma troisième année de bureau.
Aminata, véritable selfmadewoman, notre audition devant la commission des lois sur laide juridictionnelle était un grand moment, toi déambulant dans les couloirs de lassemblée nationale avec une aisance déconcertante, à côté dun Simon quelque peu intimidé.
Te voilà désormais au conseil municipal de Paris. Bravo.
Merci Aminata de nous avoir emmenés au Sénégal. La visite de lIle de Gorée est un souvenir marquant et douloureux à la fois.
Avec Jean-Baptiste, nous avons pleuré, saisis par le contraste entre la beauté du lieu et une histoire épouvantable trois fois centenaire.
Ces moments sont importants, et fondent une existence.
Une nouvelle année allait ensuite souvrir, une année de combat et de crises que personne ne pouvait prédire.
Tout se présentait pourtant sous les meilleures auspices.
La FNUJA, par ces élus au CNB, avait fait un travail remarquable et remarqué, dont il a été rendu compte aux Etats généraux de la profession davocat.
Des chantiers étaient ouverts et notre nouveau président avait la volonté, que je partage, de nous réinventer, de rendre nos cabinets plus compétitifs et de semparer, nous avocats, du marché du digital.
Si la réforme des retraites est passée par là et que le COVID a bousculé ton agenda, je suis convaincu que les futurs présidents de notre syndicat nenterreront pas ces sujets, puisque cest notre présent et notre avenir.
La lutte acharnée contre la réforme des retraites, Jean-Baptiste, tu las menée, main dans la main avec Catheline, et avec quelle force !
Vous y avez passé des journées, des nuits, des week-ends, avec une équipe dacharnée qui, avec minutie, démontant un à un les soi-disant bienfaits dune réforme profondément injuste.
Jai tenté de contribuer comme je le pouvais, mais cest à vous deux quil faut reconnaitre le mérite de cette lutte acharnée.
Jen ai presque fini.
Je me présente devant vous pour lélection à la première vice-présidence de la FNUJA.
Pour nimporte quel candidat, cest un moment important, mais encore plus pour le strasbourgeois que je suis.
Jamais un Strasbourgeois na eu le privilège daccéder à la fonction de PVP.
LUJA de Strasbourg est pourtant une des UJA fondatrice, présente dès 1947.
Cest la conséquence dun travail acharné de cette UJA, celle de Strasbourg-Saverne, seule UJA interbarreaux, qui travaille sans relâche, pour la FNUJA, depuis de nombreuses années au sein des commissions.
Jaime profondément mon UJA qui seule me permet dêtre à cette place aujourdhui.
Je suis fier delle et lui serai toujours fidèle.
Pour ne citer que les présidents : Olivier, Christophe, Anaïs, Charles-Edouard, et, je lespère bientôt Anne, merci infiniment dêtre à mes côtés aujourdhui.
Merci aussi à mes amis et sources dinspirations rencontrés à la FNUJA, avec une pensée particulière pour Mathieu Dulucq.
Tu es en premier lieu le dernier président de lEst, et cest un cas rare !
Ton discours de première vice-présidence est intacte dans ma mémoire.
Nous sommes deux épicuriens, amoureux de la bonne chair, des bons flacons et de la bonne musique, celle davant les années 1990, mais sommes aussi parfois des confidents. Que cela ne change pas, jen fait le souhait.
Je vous parlais avant dune stagiaire, devenue mon associée.
Anne, tu es également mon épouse et la mère de mes enfants.
Roman, Gabin, Salomé et César sont autant de preuves de notre amour.
Et si le premier ne sera pas le témoin de notre avenir, il aura fait de nous deux, en une trop courte existence, un roc indestructible.
Tu incarnes à la fois la beauté, lintelligence, et la force.
Tu as suivi mes engagements, non pas en les subissant mais en étant partie prenante à tout, me soutenant sans réserve, dans la radio que je préside, dans la musique, au conseil de lordre et au bureau de la FNUJA.
Je suis fier du travail que tu as accompli au CNB.
Tu as pris ce mandat très au sérieux, si bien quau CNB, je suis devenu Monsieur KRUMMEL !
Sache que notre famille restera toujours mon sanctuaire, ma priorité.
Il me reste quelques mots à dire à mes compagnons de route les plus proches.
Jean-Baptiste, tout simplement merci.
Jai passé des années merveilleuses à tes côtés.
Nous sommes différents et paradoxalement nous nous ressemblons beaucoup.
Dans nos chemins de vie, dans nos parcours, dans nos idées. Nous avons ri, pleuré, débattu, nous avons bu, et refait le monde.
Ton départ va me laisser un vide, tu le sais.
Je suis un nostalgique et je déteste les fins, quels quelles soient, mais je me dis toujours que lavenir sera différent, mais beau.
Catheline, jai hâte que nous nous mettions tous les deux au travail. Ta force de travail et ta maitrise des sujets forcent ladmiration.
Ta bienveillance est sans égal, en particulier à mon égard. Nous avons, je crois, un profond respect mutuel, et nous sommes complémentaires.
Cette année sera grande.
Je veillerai, pour ma part, si vous maccordez votre confiance, à ce que notre syndicat reste ce quil est : un espace de débats, de défense, découte, de propositions, denthousiasmes et damitiés.
Je vous remercie.
