Vous nimaginez pas à quel point je suis honorée et émue dêtre ici devant vous, à loccasion de ce très beau congrès de Bastia.
Je voudrais, à cet égard, remercier Valérie Vincenti, Anne-Christine Leccia et toute léquipe de lUJA de Bastia pour lorganisation ce magnifique congrès.
Je suis très heureuse de me retrouver sur cette île au drapeau qui me ressemble tellement que çen est presque troublant, particulièrement en cet instant où je vous dois de vous parler de moi.
Cette ressemblance ma de prime abord semblé de bonne augure.
De nature curieuse, jai donc fait quelques petites recherches sur lhistoire du drapeau corse.
Et jai découvert quil sagissait en fait dun trophée
Un trophée qui représente la tête tranchée dun Maure envahisseur…
Je ne vous cache pas que je me souhaite quand même un bien meilleur destin !
Et finalement, je me dis que je ne suis pas si Maure que ça
Quen réalité, je nai de Maure que le prénom (Amina), et encore, celui-ci a été africanisé par mes parents (Aminata).
Ce prénom il ma été donné par de braves gens nés sur un territoire français, le Soudan français, juste avant lindépendance du Mali, mon pays dorigine.
Le Mali, cest ce territoire à la terre rouge ocre et à la population chaleureuse et généreuse, même quand elle nest pas très riche.
Cest un territoire où est né, au 13ème siècle, une charte, la charte du Mandé, lune des plus ancienne charte universelle de droits de lhomme et de libertés fondamentales.
Et je ne suis pas peu fière de cet héritage.
Ce pays, cest aussi un pays qui connaît les castes, comme en Inde, mais de manière moins marquée. Il ny a guère que dans les mariages et les fêtes traditionnelles que lon retrouve les différences entre les castes.
Parmi ces castes, on trouve des esclaves, des griots (sorte de musiciens historiens et conteurs dhistoires), des marabouts, des forgerons (gardiens de traditions) et des guerriers (propriétaires terriens conquérants).
Je ne sais pas si vous pouvez le deviner à mon gabarit ou à mon allure mais je descends de la plus puissante de ces castes, de la caste des guerriers !
Sur la première carte didentité malienne de mon père, il est mentionné sa profession, celle de « cultivateur ».
Dans mon village dorigine, Lambidou, tout près de la frontière du Sénégal et de la Mauritanie, ma famille cultive encore aujourdhui le mil et le maïs. Elle élève aussi quelques poules, vaches, moutons et autre bétail
Lorsque je me rends lété dans mon village dorigine, il marrive de messayer à lart ancestral de lagriculture pratiqué à la main, et cela ne va pas sans récolter quelques ampoules et non sans avoir fauché une bonne partie de la production agricole
Mais cela, cest sans doute parce que les mauvaises herbes ressemblent à sy méprendre aux plants de maïs que je suis censée faire pousser
Cela provoque généralement les moqueries bienveillantes de mes cousins, qui nous traitent, ma fratrie et moi, de « parisiens ».
Et cela me fait sourire en ce jour si particulier, car il ny a guère que deux endroits au monde où cela marrive, quon me traite de « parisienne » avec ce sourire bienveillant et moqueur, au Mali, dans mon village, chez moi, lorsque je messaie à lagriculture,
et ici, chez moi, à la FNUJA, au détour dune motion parfois mal engagée…
Vous avez donc devant vous une sorte de guerrière malienne et une fille de paysan.
Je suis également très fière de ces héritages.
Je ne suis pas peu fière non plus dêtre française, dêtre parisienne.
Mon père, tout jeune marié, est allé « chercher fortune » à Paris vers la fin des années 1970, ma mère ne la rejoint que 3 ans plus tard, en février 1980 grâce au regroupement familial.
Cétait lhiver, il faisait froid, ma mère voyait de la neige pour la première fois de sa vie et retrouvait son mari quelle navait pas vu depuis 3 ans.
Je men souviens parce je suis née très exactement 9 mois plus tard en novembre 1980, dans une ancienne abbaye destinée à la réhabilitation de filles de mauvaises vies repenties (véridique !), devenue lhôpital Saint-Antoine.
On peut aussi dire que je suis une enfant du regroupement familial. Et quand jy pense, je réalise que le moindre pépin administratif aurait pu me coûter ma présence ici ce soir.
Si un jour vous franchissez le seuil de la porte de chez mes parents,
De chez mon père,
Car cest sûr il vous ouvrira la porte,
vous retrouverez un peu cette Afrique quils ont emmenée avec eux.
On y respire les effluves épicés des plats africains et de lencens parfois.
Quand on entre chez mon père on troque facilement les vêtements occidentaux pour un pagne ou un boubou plus confortable,
Et le Sarakolé (ou Soninké), se mêle à langue française dans le brouhaha propre aux familles nombreuses.
Je ne le mets pas toujours sur mon CV mais
je suis bilingue français-sarakolé/soninké.
Jai donc une culture et une éducation métissée, par mon environnement familial et social.
Etant la première née dune flopée de Niakate nés en France,
Sortir de la maison allait avec son lot de première fois, de découvertes et daventures.
Jarrive à lécole maternelle à lâge 3 ans.
Elevée par des parents qui ne parlent pas très bien le français,
Evidemment, je ne parle moi-même pas un traitre mot de français.
Je lai découvert en parcourant mon carnet de santé, que je ne parlais que le soninké à lâge de 3 ans.
Cest sans doute pour cela que jai peu de souvenir de cette époque, des images essentiellement.
Cest sans doute pour cela aussi que japprécie le silence.
Cest peut être aussi parce que jai une famille nombreuse très bruyante !
A la fin de lannée scolaire, nous sommes en 1984, mon père, ma mère, mes deux surs et moi, nous quittons notre petit studio parisien du 12ème arrondissement pour emménager dans un appartement plus grand et au loyer plus abordable (merci au 1% patronal !)
Nous atterrissons donc dans une cité HLM de Vitry sur Seine, dans le Val de Marne.
Vous remarquerez que jai donc grandi en province, en Couronne plus exactement.
Et en ce jour particulier de mon aventure fnujesque, cest quelque chose que je tiens à souligner !
Ce nest pas du tout parce quun certain président de lUJA du Val de Marne ma quasi menacé de mort si ne glissait pas une petite dédicace à la Couronne dans mon discours !
Je vis toujours à Vitry aujourdhui, cette ville de banlieue mixte et populaire que jaime beaucoup, à tel point que jen suis aujourdhui devenue lune de ses conseillères municipales
Je ne peux vous parler de moi sans évoquer ma mère aussi,
qui a été femme au foyer, puis femme de ménage quand ses enfants ont grandi.
Styliste autodidacte, elle confectionnait des tenues africaines pour ses enfants.
Elle était très sévère mais aussi très généreuse. Elle expédiait, comme beaucoup de personnes de la diaspora africaine, une bonne partie de ses économies à sa mère et à la famille de sa sur restée au village.
Petite de taille, elle dégageait une autorité naturelle qui la dispensait dhausser le ton avec nous. Un simple haussement de sourcil et plus personne ne bronchait.
A tel point que mon père nous renvoyait systématiquement vers elle quand il ne savait pas comment dire non à ses enfants.
Mon père, lui, cest la gentillesse et la pudeur incarnée.
Je pense que je tiens un peu de lui de ce point de vue là.
De paysan, il devient manutentionnaire pendant près de 40 années de sa vie avant de prendre une retraite bien méritée.
Vous devez savoir aussi que jai 18 frères et surs (dont des demi-frères et surs et des frères adoptifs).
Mes parents ont réussi lexploit de nous élever tous, à Vitry sur Seine, sans quaucun de nous ne manque jamais de rien, ni nai de mention à son casier judiciaire !
Moi non plus, javoue que je ne sais pas comment ils ont fait.
Autant vous dire que grandir au sein dune famille aussi nombreuse, ça donne le sens du partage et de la solidarité.
Cela ma aussi appris à me concentrer dans le chaos le plus total !
Tout pourrait seffondrer autour de moi sans que je ne men naperçoive pour un peu que je sois dans ma bulle, concentrée sur quelque chose.
Cest donc cette bulle, cet environnement bruyant, joyeux et stimulant qui a fait de moi une avocate.
Mes parents nont pas eu la chance daller à lécole mais étaient suffisamment intelligents et éclairés pour pousser leurs enfants à ne pas passer à coté de la leur.
Ils ont éveillé nos consciences à ce sujet.
Cest pourquoi je me suis toujours trouvée horriblement chanceuse de pouvoir aller à lécole publique gratuite, à luniversité, gratuitement également.
Je sais aussi que jai énormément de chance davoir un passeport qui me permet de voyager partout où le cur men dit. Rien ne me rend plus heureuse que les rencontres et les saveurs des voyages.
Et jai toujours voulu restituer cette chance et mengager.
Cest ainsi que je mengage en politique, chez les écologistes. Mais ceci est une autre histoire.
Et cest ainsi quau même moment, je débarque à lUJA.
Je suis arrivée à lUJA par la Revue, alors que je nétais encore quélève-avocate.
Je participais alors au sein de lassociation des élèves avocats (AEA) au journal des élèves avocats : Le Baromètre.
Et la fin de mon périple scolaire approchant, jai voulu continuer cette aventure journalistique
Je me suis naturellement tournée vers lUJA, grande sur de lAEA, à laquelle jadhère pour 10 euros seulement (pas cher) et je coche innocemment la case « Revue » croyant quil sagit du journal des jeunes avocats
A la première réunion de Revue, je me rends rapidement compte de ma méprise et me persuade que cest le destin qui veux cela et me voilà érigée au rang de troupière de la Revue de lUJA de Paris en 2009, alors que je nétais jamais monté sur scène de ma vie.
Lors de cette Revue, jai vécu une expérience totalement terrifiante et géniale à la fois.
Et je pense que cest cette expérience qui me fera définitivement tomber amoureuse de lUJA.
La première fois que je monte sur scène,
Je chante une chanson rock, à débit rapide, une reprise de « lhomme pressé », de Noir Désir, adaptée en « femme stressée », ça parle de collaboration libérale.
Je me lance et « drame absolu », joublie les paroles…
Je me revois encore sur scène entrain de me dire dans un espèce de ralenti « oh non, ce nest pas vrai, ne me dites pas que cest entrain de marriver »
Alors jai essayé de rattraper la musique
Les musiciens ont essayé tant bien que mal de me rattraper
Nous ne nous retrouverons jamais
Je finis par quitter la scène drapée dans mon humiliation et me recroqueville désespérée dans les coulisses.
Valérie Tocreau, lune des directrices de la Revue me renvoie sur scène et me suggère de lancer un « et voilà cest ça le stress ! », ça collait bien avec le titre de ma chanson.
Jy vais, le public extrêmement bienveillant davocat.e.s ovationne cette pirouette volée,
Et je retourne morte de honte dans les coulisses,
hésitant très sérieusement à remonter sur scène le lendemain (la Revue à Paris se jouant quatre soirs de suite).
Et avec le recul, cest paradoxalement lun des meilleurs moments que jai vécu à la Revue. Parce la troupe, ses directrices, la Présidente de lUJA, Aurélie Berthet, la commission permanente de lUJA et même Olivier Bureth, alors Président de la FNUJA, qui ont tous assisté à cette tragédie, ont eu un immense élan de solidarité envers moi, ils mont poussé à remettre le pied à létrier dès le lendemain,
Mont dit quaprès cela plus aucun magistrat ne pourrait plus jamais mimpressionner.
Cest à ce moment là, je pense, quil sest tissé un lien inaltérable entre lUJA et moi, cette UJA qui ma soutenue et surtout ma fait suffisamment confiance pour reprendre le risque de me laisser me « crasher » à nouveau le lendemain.
Je vous rassure ce nest pas arrivé.
Il y a avait intérêt parce que toute ma famille, le Bâtonnier, les Membres du Conseil de lOrdre et tous les officiels du Barreau de Paris et du monde de la Justice venaient le lendemain
Et cette revue, drôle, impertinente, abordait également des sujets importants auxquels jai été sensibilisée : les affres de la collaboration libérale quand les confrères ne jouent pas le jeu, lAide Juridictionnelle qui repose trop lourdement sur les épaules des avocat.e.s, le secret professionnel régulièrement mis à mal et pourtant si indispensable à la relation de confiance qui nous lie à nos client.e.s
.
A lépoque, jétais élève-avocate en régime salarié. Je faisais du droit des sociétés et du droit fiscal dans un cabinet davocats.
Jaurais très bien pu ne jamais mettre les pieds au Palais, ne jamais croiser aucun Confrère.
Javais vocation à être la première avocate de ma famille, je navais aucun réseau au Barreau.
Quand jy repense, les propos de Jean-Claude Woog font vraiment sens, il disait que « lorsquun jeune avocat arrive à Paris et quil ne connaît personne, lorsque sa famille ne le protège ni dans la vue du Palais, ni dans le monde des grandes puissances économiques, il se sent bien souvent isolé ».
Et cest terriblement vrai encore aujourdhui.
Et mon UJA, lUJA de Paris, dignement représentée aujourdhui par notre énergique Président Thomas Charat et toute la délégation parisienne que jembrasse, maura permis de sortir de cet isolement professionnel et de rencontrer des gens chaleureux et engagés pour les autres. Elle aura donné un sens au serment que jai prêté, elle maura mieux que personne appris la confraternité.
Lannée suivante, nous sommes en 2010, jintègre donc la Commission Permanente de lUJA sous la présidence de Yannick Sala qui encourage ma candidature.
Lannée daprès, Dominique Piau me fait suffisamment confiance pour me proposer danimer avec Emilie Chandler la commission conditions dexercice où nous avons travaillé sur les questions de domiciliation.
Parallèlement, Alexandra Perquin me pousse à découvrir la FNUJA, cest Romain Carayol qui en est alors le dynamique Président ! Il avait un crédo que je trouve essentiel : le maillage territorial. Je le trouve essentiel car cest le nombre des UJA adhérentes et cette puissante émulation collective, riche de toutes leurs contributions qui fait la force de notre fédération. Et je suis dailleurs très heureuse de voir certaines UJA revenir et réadhérer à la « fédé ».
Cest donc des Alexandra Perquin, des Valentine Coudert, des Olivier Bureth et des Nicolas Randriamaro, qui fréquente de temps à autre la Revue de Paris, qui me poussent à aller aux comités parisiens de la fédé.
On me dit que cest le samedi matin et que parfois cest décentralisé en province lors de week-ends très sympas.
Nétant pas trop du matin, et ayant le gout du voyage, jopte dabord pour loption comité décentralisé.
Alors, ny voyez là aucune provocation de ma part mais il se trouve que mon premier comité était à Bayonne en 2010.
Je garde un souvenir mémorable de la soirée Peña des arènes de Bayonne que je découvrais pour la première fois, sous la flotte car Romain Carayol pratique aussi une sorte de danse de la pluie redoutablement efficace.
(Dailleurs tout le congrès te remercie Romain de têtre abstenu pendant le congrès !).
Depuis ce comité décentralisé, je nen ai manqué quasiment aucun.
Jai commencé à venir le samedi matin de temps à autre. Et le manque de sommeil ne rivalise plus jamais avec la perspective de vous retrouver tous les mois, le samedi matin.
Alexandra Perquin, encore elle, me pousse et me destine sous sa présidence de lUJA de Paris à intégrer le bureau de la FNUJA et à faire plus ample connaissance avec la « fédé ».
Jassiste alors à mon tout premier congrès à Aix en Provence, cest fou comme le hasard fait les choses
Sous la pluie évidement. Romain est encore Président de la « fédé ».
Jy croise le sémillant et impressionnant Stéphane Dhonte.
Jan Marc Ferly me pousse à aller discuter avec le prochain président de notre belle fédération.
Il maccueille avec son sourire et son regard de renard.
Il se demande sans doute doù je débarque.
Il sait que je vais probablement intégrer son bureau et me tient en guise de salut un propos que je noublierai jamais :
« Aminata, je nai rien dautre à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur
»
Cest Véridique !
Je me suis dit : « Bienvenue Aminata
! »
Mais Stéphane ne savait pas que je venais dune famille de guerriers africains habitués au dur labeur des champs.
Je crois quil garde un bon souvenir de cette année de bureau.
Et moi aussi.
Son énergie et sa détermination font de lui un modèle pour moi à la « fédé ».
Et finalement, malgré ses promesses fracassantes, il a été le plus bienveillant des présidents.
Il veillait à demander lavis de chacun. Peu importe leur expérience, leur ancienneté. Chaque avis valait la peine dêtre entendu.
Et même le mien.
Cette considération quil a pour les autres, pour tout le monde, minspire beaucoup. Je ne le lui ai jamais dit mais il est pour beaucoup responsable de ma présence devant vous aujourdhui.
Depuis cette année de bureau, je me suis ouvert lesprit à une culture musicale différente grâce aux « blind test » de Roland Rodriguez, Matthieu Dulucq, Caroline Luche-Rocchia, Yannick Sala et Anne-Lise Lebreton.
(Noubliez pas que je viens des quartiers populaires de Vitry sur Seine et on ny écoute pas beaucoup du Enrico Macias et autre chanteurs de variété française
)
Pendant cette année de bureau je moccupe du Jeunes Avocats Magazine et accompagne la passionnante campagne CNB de 2011.
La FNUJA est alors armée du slogan suggéré par Jean Baptiste Gavignet : « Agitateur de CNB ! »
Je trouve quil nous va bien et nos élus au CNB, Joanna (Touati), Maria (Bonon), Marie (Dutat), Matthieu (Dulucq), Roland (Rodriguez), Sébastien (Bracq), Leila (Hamzaoui), Valentine (Coudert), Florent (Loyseau de Grandmaison), Massimo (Bucalossi), Dominique (Piau), Richard (Sédillot), ne manquent jamais de le démontrer.
Je pense quon peut les applaudir.
Depuis cette année de bureau sous la présidence de Stéphane Dhonte, je narrive plus à me passer de la FNUJA, et sil mest arrivé de la quitter pour vivre quelques aventures parisiennes, je nai jamais été bien loin et lui ai toujours été fidèle.
Je suis restée deux années au Bureau avant de revenir à Paris, où je me suis occupée de la Commission Action Syndicale et Associative sous la Présidence de Leila Hamzaoui, notre « furax » parisienne remontée à block contre la CNBF ! Nous lançons sous sa présidence à lUJA de Paris un riche programme de formations et notamment les fameux « premiers dossiers de » qui feront dailleurs des petits dans plusieurs UJA de la « fédé ». Nous lançons aussi une action de solidarité à destination de nos confrères africains grâce à laquelle lUJA en partenariat avec la « fédé » enverra des centaines douvrages juridiques à destination des confrères africains de la Fédération Africaines des Associations et Unions de Jeunes Avocats (la FA-UJA).
Vous nimaginez pas à quel point ils vous en sont reconnaissants.
Et puis Valence Borgia, Ma présidente parisienne, suscite ma candidature pour devenir sa Première Vice-Présidente à Paris. Jen suis dautant plus touchée que jai une grande admiration pour sa bienveillance, son intelligence et son combat féministe.
LUJA de Paris me fait ensuite lhonneur de me porter à sa tête. Jai essayé de toute mon énergie de mériter cette confiance. Avec ma commission permanente et une équipe de choc, Thomas Charat que vous connaissez bien, Laetitia Marchand, Maxime Eppler, Julien Brochot et Sébastien Blondon, nous donnons tout ce que nous avons pour être sur tous les fronts : ceux de lAJ, du secret professionnel, des droits de la défense et des libertés publiques…
Je peux aussi pendant cette année compter sur laide précieuse et les conseils de piliers de lUJA tels que Marie-Aimée Peyron, Brunot Marguet, Olivier Guilbaud, Elodie Mulon, Valentine Coudert, Alexandra Perquin, Annabel Boccara et bien dautres. Et je pense aussi à Anne-Laure Casado et Sarajoan Hamou qui ont dirigé dune main de maître la campagne de mes candidats au Conseil de lOrdre : Pierre Hoffman et Alexandra Perquin.
Je vous lai dit, pendant cette aventure parisienne, je nai jamais été bien loin de la « fédé ».
Je nai jamais pu la quitter car j’aime toujours autant partir à la découverte de régions où je naurais jamais eu lidée de mettre les pieds.
De mon point de vue de banlieusarde, de parisienne et dafricaine, ce sont autant de destinations exotiques que jai aimé découvrir : Juan les pins, Bastia, Bordeaux, Nancy, et même Chartres
Jaime aller à la rencontre de confrères qui sont heureux de nous recevoir et qui ont le sens de lhospitalité.
Jaime limpertinence de nos Revues des Revues et notre âme dartistes engagés.
Je ne me remets toujours pas du rire provoqué par la chanson dOlivier Charles sur le « Psychiatre-Expert ». Moment mémorable.
Je suis toujours autant impressionnée par cette faculté que nous avons de guerroyer en Assemblée Générale avant de faire la fête ensemble le soir même, toutes querelles oubliées.
Jadore nos débats et réflexions sur les enjeux et lavenir de notre profession, cette confrontation didées, de celles qui grandissent et font mûrir.
Jaime la sagesse de nos « belles-mères », de nos Stéphane Lallement, Janine Bariani, Eric Azoulay, Bruno Marguet, Loïc Dusseau, David Gordon Krief…
Jaime mes échanges avec les membres dhonneur : Estelle Fournier, Aurélie Berthet, Katy Cissé, Richard Sédillot, Jan-Marc Ferly, Grégoire Niango, Christophe Thevenet, Dominique Bréard, Dominique Piau
Jaime notre âme rebelle mais prospective et constructive, notre appétence pour le renouvellement, notre esprit non partisan en politique qui laisse de la place à tout le monde, à toutes les idées.
Et finalement, la « fédé » maura fait découvrir la France, ses spécialités régionales, ses richesses, ses pratiques diverses et variées en termes de nombre de bises et de sens de la bise
Je vous avoue que je ne my retrouve toujours pas !
Paradoxalement, la « fédé » maura aussi fait découvrir lAfrique, terre avec laquelle jai une affinité particulière, viscérale.
Avant la « fédé », je navais, en Afrique noire, foulé que sol du Mali. Et la « fédé » maura permis de rencontrer la FA-UJA et ses dynamiques et courageuses UJA, dont nous avons beaucoup à apprendre, et qui rencontrent les mêmes problématiques que les nôtres, des problématiques plus dures parfois, touchant aux libertés fondamentales.
Elles se battent pour que leur UJA puissent voir le jour, je pense aux jeunes avocats gabonais dont le Bâtonnier entrave encore aujourdhui la création de leur UJA.
Elles se battent même parfois pour que les collaborateurs puissent tout simplement toucher une rétrocession dhonoraires fixe. Je pense à lUJA de Mbuji Mayi en RDC.
Elles se battent aussi pour que le contrat de collaboration puisse être la norme dans tous les Barreaux africains.
Et je sais que notre partenariat avec la FA-UJA lancé par Olivier Bureth y aura largement contribué ; je suis très heureuse dy avoir moi même contribué lors de la Conférence Internationale des Barreaux dAbidjan ; Matthieu Dulucq était également présent à ce moment précieux où nous avons avec la FA-UJA élaboré le modèle de contrat de collaboration qui est désormais la norme en Afrique francophone.
Cest Roland Rodriguez qui maura fait ce sublime cadeau en me confiant la délégation des relations avec nos confrères africains. Ils sont présents à ce congrès. Je voudrais vous dire que je suis heureuse de vous connaître et de vous compter parmi mes amis.
Tous ces voyages en France ou ailleurs, mauront ouvert lesprit, ils me nourrissent encore beaucoup aujourdhui.
Je crois que je vous ai dit beaucoup de choses de moi à présent et que vous êtes suffisamment éclairés pour décider de si oui ou non je mérite vos suffrages et votre confiance pour assumer la responsabilité de Première Vice-Présidente de la FNUJA.
Je voudrais dire un petit mot de vous avant de laisser la place au discours que vous attendez tous, celui qui dessinera notre avenir pour lannée à venir.
Je suis aussi très impatiente et optimiste à lidée de lentendre.
Je voudrais vous dire que jai bien conscience que ce sont les UJA qui font lâme et la force de la FNUJA. Je mets beaucoup despoir en vous pour les échéances à venir.
Il se profile cette année une campagne au CNB. Le défi sera grand et important.
La FNUJA et sa future présidente auront besoin de vous.
Je tiens aussi à assurer à celle qui sera très vraisemblablement MA Présidente, de mon soutien indéfectible et de ma loyauté. Loyauté, cest dailleurs la signification de mon prénom, qui vient de larabe « Amine ». Ce nest pas pour rien que mon père me la donné. Et jessaie toujours de lui faire honneur.
Et Alexandra (Boisramé), jai la forte intuition que toute ton équipe, sils sont élus ou réélus, et dont jai eu la chance de découvrir ou redécouvrir certains des membres cette année au bureau, saura également y faire honneur.
Je pense à vous Jean-Baptiste (Blanc), Sandrine (Vara), Catheline (Modat), Emilie (Le Maout), Simon (Warynski), Damien (Stalder). A Boris (Rosenthal) et Caroline (Herry) aussi.
Mon dernier mot sera pour toi Emilie (Chandler), notre Présidente. Je voulais te dire que jadmire ta force et ta détermination. Rien ne te paraît insurmontable et jadmire la résilience dont tu sais faire preuve.
Je te souhaite de belles nouvelles aventures.
Je vous remercie de mavoir écoutée, les amis, et à nous aussi, je nous souhaite une très belle aventure !
Et en vérité, je sens déjà que laventure sera belle !
