Par Romain CARAYOL, Président d’honneur de la FNUJA
Il est donc parti, le premier comme à son habitude.
Frédéric AZNAR, alias @lexity, se présentait ainsi sur son compte twitter :
« Éleveur d’épitoges et en travers du droit // S’y frotte … s’y pique #LawBusiness »
Il en a élevé des épitoges. Nous sommes beaucoup à être ses enfants numériques.
Avant que cela devienne un élément de notre environnement quotidien, il est celui qui a initié bon nombre de jeunes (et moins jeunes) confrères aux rudiments du web, à la nécessité de lidentité numérique et au développement dune communication marketing sur internet pour les avocats.
Sans Frédéric, lUJA de PARIS, puis la FNUJA, nauraient pas de site internet conçu sur mesure, de profil Facebook, pas de compte twitter.
Frédéric nétait pas concepteur de site, pas du tout. Frédéric était un stratège de la communication et du numérique.
Il avait compris, avant tout le monde, la puissance du web et des réseaux 2.0 pour développer une influence business avec des moyens abordables par toutes et tous.
Comme un découvreur de nouveaux horizons, Frédéric avait une vision prospective et optimiste de ces zones dématérialisées que daucuns considéraient, et considèrent encore, comme des NO GO ZONE.
Pendant près de 20 ans, Frédéric nous a accompagnés, bousculés, souvent engueulés pour que les Jeunes Avocats investissent ces nouveaux médias
Pour ma part, je lui dois beaucoup.
Lors de ma présidence de lUJA de PARIS, en 2007/2008, il nous a conseillé et soutenu pour la création de la Journée du Jeune Avocat (JJA). Cest lui aussi qui a mis en place les outils numériques pour que cette première journée ait une identité, un visuel, un site internet.
Lors de ma présidence de la FNUJA (2010/2011), jai eu la chance quil accepte de remodeler le site internet pour le rendre plus lisible, plus attractif avec une ouverture sur les réseaux Facebook et Twitter. Il nous a permis de (re)créer du lien entre les UJA de France.
Lors de mon mandat au Conseil National des Barreaux (2009/2011 – en partie pendant ma présidence de la FNUJA), il prêchait, malheureusement dans le désert, pour la création par la profession davocat dune encyclopédie du droit en libre accès sur le net. Encore une fois, avant tout le monde, il avait compris que lopen source devait sappliquer également aux données juridiques, sous la maîtrise du CNB, pour assurer aux avocats une place dans le développement sauvage de la concurrence. Il avait raison. Lironie du destin est quil part au moment où le CNB décide la création de cet outil, après la création, lannée dernière, par le barreau de Paris de la Grande Bibliothèque du Droit. Je pense que le CNB devrait appeler sa plateforme LEXITY.
Frédéric était encore à mes côtés pour la création du mon cabinet en 2014. Il ma coaché, encouragé puis encore engueulé (on lénervait souvent nous autres avocats à ne pas comprendre les enjeux du numérique et dêtre « trop mou du genou »).
Nous avons perdu un homme de bien. Un de ceux qui doivent figurer dans le panthéon de nos curs.
Nous avons perdu un membre de la famille des JEUNES AVOCATS.
Mais à linstar de ladage propre à la royauté « le Roi est mort, vive le Roi », « Frédéric est mort, vive Frédéric ».
Il ne sera pas seulement dans nos curs, dans notre mémoire collective. Non.
Il est arrivé à incarner le personnage du dernier film de Johnny Depp « Transcendance ». Un homme, scientifique de génie, mène des travaux avec sa femme pour traduire lâme humaine en algorithme et créer une âme numérique. Lhomme meurt, sa femme poursuit ses travaux, et linimaginable se produit. Lâme numérique de cet homme prend vie.
Frédéric AZNAR est devenu cette âme numérique qui vivra toujours sur son nuage du net.
Merci pour tout ce que tu as fait. Nos pensées terrestres et spirituelles vont à Barbara, ta femme, notre amie et consur, et ta fille, Salomé.
