La FNUJA réunie en Congrès le 11 mai 2013, à Marseille,
DENONCE la persistance dinégalités profondes entre les hommes et les femmes au sein de la profession davocat, dautant plus choquantes quelles sont plus marquées que dans lensemble du monde économique national ;
DEPLORE que, à ce jour, la profession davocat nait toujours pas entamé au niveau national une réelle réflexion concertée sur le sujet ni mis en place une politique volontariste pour lapplication effective de cette égalité ;
PROPOSE les sept mesures effectives suivantes pour lutter efficacement contre les inégalités, ayant trait à la formation, la parentalité, la lutte contre les discriminations, le développement de carrière et la représentativité :
1. DEMANDE au CNB de missionner son Observatoire sur la thématique de l’Égalité Homme/Femme afin de centraliser, de traiter puis de publier les statistiques comparées entre hommes et femmes sur :
– les rémunérations annuelles (part fixe et part variable) versées par les cabinets aux collaborateurs et associés (selon leur sexe, leur nombre d’enfants, leur situation de famille, leur année d’ancienneté et leur spécialité),
– la répartition hommes-femmes des collaborateurs, des associés et des statuts alternatifs (of counsel, non equity partners
) au sein de chaque structure d’exercice,
– le nombre de jours pris au titre du congé maternité et du congé paternité,
– le développement de carrière,
– les sorties de la profession ;
– la répartition hommes / femmes au sein des institutions de la Profession ;
2. SOLLICITE la création dun groupe de travail "Egalité professionnelle" au sein du CNB, composé dhommes et de femmes, chargé danalyser les données fournies par lObservatoire, de formuler des propositions et de mettre rapidement en uvre une politique en faveur de l’égalité professionnelle ;
3. DEMANDE lintégration dans le Règlement Intérieur National dune disposition spécifique plaçant linégalité de rémunérations et dévolution de carrière entre hommes et femmes à situation égale au rang des manquements déontologiques ;
4. EXIGE lintégration dans le Règlement Intérieur National, avec effet immédiat aux contrats en cours, dune interdiction de rupture du contrat de collaboration à compter de l’annonce par le collaborateur/trice soit de sa grossesse soit de larrivée dun enfant dans le cadre dune adoption, soit de la prise du congé de paternité (qui doit intervenir dans un délai raisonnable avant la date de prise du congé) et jusquà l’issue d’une période de 2 mois suivant le retour de congé maternité/paternité ;
5. DEMANDE dune part, la création dun guichet unique permettant la gestion centralisée des formalités dindemnisation et, dautre part, quil soit pris toute mesure pour que le RSI indemnise intégralement, directement et rapidement les cabinets ;
6. APPELLE DE SES VUX la création d’une obligation pour les cabinets dadresser une notification spécifique et expresse aux Ordres des ruptures de contrat de collaboration qui interviendraient dans l’année suivant la fin d’un congé paternité, maternité ou dadoption ;
7. APPELLE DE SES VUX une sensibilisation des élèves avocats et des avocats aux enjeux de l’égalité professionnelle, par le biais de formations mises en place dès la formation initiale et dans le cadre de la formation continue.
Pour suivre la mise en uvre de ces propositions et lévolution de cette problématique, la FNUJA créé une commission « Egalité-professionnelle ».
